|
|
|
Premier Chapitre MON ENFANCE
|
(Photo: Maman et papa lors de leur mariage en 1936)
Je m'appelle Guy et je suis né à Amsterdam, le 17 septembre 1937. Mes parents étaient des gens comme il y en à des milliers de par le monde, issus de familles modestes.
Maman, une Belge, nommée Denise, avait fait des études d'infirmière-accoucheuse. Quelques années après avoir obtenu son diplôme, elle rencontra celui qui allait devenir mon père. Lui, Willy, était Hollandais, d'Amsterdam. Ils s'étaient rencontrés accidentellement à la Foire du Midi à Bruxelles en 1936. Maman avait été prise d'un malaise, une syncope, et tomba littéralement dans les bras de celui qui allait devenir son futur mari.
Maman à cette époque ne parlait pas un mot de Néerlandais, et Papa, de son nom Willy, quant à lui ne parlait pas le Français. Le problème n’était pas mince ! Cependant les adresses furent échangées et les lettres ne tardaient pas à arriver.
Heureusement, le frère de Papa, Jan, avait lui épousé une Belge, et il parlait et écrivait couramment le Français. Il traduisait et rédigeait les lettres de, et pour maman.
Toujours est-il qu'ils se marièrent et allèrent s'établir à Amsterdam.
De cette union je fus le premier "fruit" si j'ose dire. Déjà à ce moment là, il à fallu que je fasse les choses différemment des autres. Pour commencer, j'étais né avant terme, c.à.d. à 7 mois. Apparemment je ne pesais que 900 grammes. (On aurait peine à le croire en me voyant aujourd'hui) Evidemment on me conduisit de toute urgence à l'hôpital, chaudement emballé. On me racontera plus tard, qu'on m'avait placé dans une caissette à cigares, entouré de bouillottes chaudes. Arrivé à l’hôpital, on découvrit que j'avais contracté une double pneumonie, ce qui à l'époque, et à sept mois, n'offrait pas beaucoup de perspectives de survie. D'après ce maman m'avait raconté plus tard, le médecin, le Dr. Meyer, avait froidement déclaré, que soit j'étais "un oiseau pour le chat", soit je deviendrais un "fort et grand gaillard". (Apparemment j'avais de grands pieds, chose qui ne trompe pas, paraît-il !) Heureusement pour moi, c'est la deuxième option qui à prévalu. (Du moins en ce qui concerne la taille, car fort je ne l'ai jamais été)
(Ci-dessous, des photos de mes Grands-Parents paternels)
|
|
|
(Photo: Au "solarium" à Amsterdam)
Nous habitions un appartement sur la Ceintuurbaan, dans un immeuble juste à côté de celle de mes Grands-parents paternels, "Grootmoeder" et "Grootvader" ... Cela s'est avéré d'être une très mauvaise idée. Grootmoeder se mêlait des affaires du jeune couple qu'étaient mes parents et prétendait donner des leçons à maman, comment m'élever. Evidemment, c'était plutôt malvenu: Les enfants c'était la spécialité de maman. D'après maman j'avais de jolies boucles, qu'elle brossait tous les jours. Mes parents ayant du aller en Belgique, ils m'avaient laissé sous la garde de "Grootmoeder". Celle-ci, avait trouvé que mes cheveux étaient trop soyeux pour un garçon, et elle m'avait rasé le crâne, afin qu'ils repoussent plus forts !!! (Remède de bonne femme). Bien sûr quand mes parents revinrent une semaine plus tard, ce fut un choc, et une dispute s'en suivit inévitablement... Maman et Papa décidèrent alors de chercher un appartement, loin de chez mes Grands-parents. Ils trouvèrent un appartement sur le "Admiralengracht". J'avais alors 2 ans. Lorsque mes cheveux avaient repoussé, elles étaient toujours aussi soyeux, mais les "boucles" avaient disparu ! Maman en était toute désolée !
(Ci-dessous, photos de mes Grands-parents maternels)
|
|
|
(Photo: J'avais la place de "Choix" sur le guidon du "tandem")
A cette époque, Maman et Papa aimaient faire des excursions en "Tandem". On m'installait sur un petit siège attaché sur le guidon. J'avais donc la meilleure place, je pouvais tout voir sans être gêné par quoi que ce soit. D'après qu'on m'à raconté j'adorais cela.
Je m'était fait un petit copain (déjà?), Rudy Ijzerdraat, qui habitait l'appartement d'à côté. Je m'entendais bien avec lui. Il parait qu'on était toujours ensemble.
Entre temps la guerre avait éclaté. Je ne m'en souviens pas grand chose, du moins des premières années. C'est surtout des dernières années que j'ai quelques souvenirs. En 1943, j'avais donc 6 ans, nous avions de nouveau déménagé. Cette fois-ci, nous habitions dans un tout nouveau quartier, "Nieuw-Zuid" à la limite d'Amsterdam. Nous habitions un "Rez-de-Chaussée" sur la Rivierenlaan au N° 92. (Maintenant cela s'appelle "President Kennedy laan") ... Les souvenirs de cette époque sont déjà un peu plus précis. Il y avait un grand "living" avec une "Loggia", 2 chambres, une cuisine et une "salle d'eau" ... Toutes ces pièces donnaient sur un "Hall" central. A l'arrière il y avait un jardinet avec un remise. Depuis le living on avait une vue sur un terrain "vague", un parc, la rivière "Amstel" et sur la campagne. Il y avait aussi un Château d'Eau, et un "Gazomètre" (aujourd'hui disparu). Le "Château d'eau" existe toujours. Le "terrain vague" était sablonneux, et j'y ai passé de nombreuses heures à m'y amuser, à y construire des "châteaux de sable" ... Ah, belle innocence de l'enfance...
|
|
Il ne me fallut pas longtemps avant que je me fasse des petits copains. Il y en avait qui étaient gentils, mais il y avait surtout les "sales garnements" qui me cherchaient toujours noise. Je n'étais pas fort comme un "Turc", ce qui me valut de devenir très vite leur "tête" de la même nationalité. Je préférais donc jouer seul dans mon coin, loin d'eux !
Les temps étaient devenus très difficiles pour la population. La nourriture devenait rare et le marché "noir" florissait. Je me souviens surtout de l'hiver 1944/45. Alors que le sud des Pays Bas avait déjà été libéré, en même temps que la Belgique, le nord et l'est, étaient toujours sous la "botte Nazie". En fait l'offensive des alliés avaient été stoppée net après l'échec de l'opération "Market Garden", avec le fiasco d'Arnhem. (plus tard on en avait tiré un film: "Un Pont trop Loin") La population avait appris que les Alliés fonçaient vers le Nord, et que ce ne serait plus qu'un question d'heures avant que les troupes Canadiennes entrent dans Amsterdam. Les gens avaient déjà sortis les drapeaux, alors que le Allemands reculaient en paniquant. ... Mal nous en à pris. Après que l'offensive eût été stoppée, les Nazis sont revenu à Amsterdam. La population à payé un lourd tribut.
Les Nazis nous ont coupé les vivres, comme toute nourriture on avait droit à une betterave sucrière par semaine. Il nous fallait manger cela cru, car l'occupant avait coupé Gaz et Electricité. Impossible de se chauffer convenablement, car il n'y avait plus de charbon et l'hiver s'annonçait particulièrement rigoureux. On se chauffait avec tout ce qui pouvait brûler. Chez nous la balustrade de la terrasse avait été réduit en bois de chauffage. Les arbres d'alignement dans les rues disparaissaient comme par enchantement. Les gens prenaient de gros risques, car l'abattage de ces arbres se faisaient la nuit, après le couvre-feu.
Pas bien loin de chez nous il y avait un petit bois avec une trentaine d'arbres. En une nuit ce bois avait disparu. Entre les rails du tram, il y avait des blocs de bois goudronnés en guise de pavés; Eux aussi avaient disparu. Cela faisait un excellent combustible, qui brûlait longtemps tout en donnant une forte chaleur.
(Photos ci-dessous: Devant notre appartement en 1943)
|
|
|
(Photo: Ce garnement c'est moi, voyez comme je suis maigre, et comme il n'était plus possible de se procurer des chaussures neuves, on avait coupé les pointes pour accommoder mes pieds, qui étaient à l'étroit ...1944)
Pour trouver de quoi manger, les gens allaient dans les campagnes, frapper à la porte des agriculteurs, pour essayer d'acheter quelque nourriture. Ou ils faisaient du troc, en payant avec des bijoux ou de l'argenterie, avec le peu de choses de valeur qu'ils possédaient. Maman aussi était partie comme cela, avec une vieille voiture d'enfant, afin de faciliter quelque peu le transport du peu qu'elle pouvait obtenir. Elle était revenue, près de deux semaines plus tard avec un peu de beurre, du lard, quelques oeufs et un sac de blé. Cela lui avait coûté bien plus cher qu'il ne fallait. Les paysans profitaient de la situation et demandaient des prix exorbitants. Comme quoi, il y aura toujours des personnes sans scrupules, pour s'enrichir sur le compte des malheureux qui mouraient de faim
Maman avait eue énormément de chance, car beaucoup de personnes qui s'étaient ravitaillés de la sorte, furent stoppées par les Nazis. Tout ce qu'ils possédaient était immédiatement confisqué par les troupes, surtout par les "SS". Papa en avait fait l'expérience: Il avait obtenu auprès d'un fermier un sac de 25 kilos de pommes de terre. Il avait chargé le sac sur le cadre de son vélo. A une centaine de mètres de chez nous, à l'angle de la Rivierenlaan et la Vechtstraat, il s'était fait interpeller par une patrouille. Tout lui fut confisqué, y compris son vélo. Il eût de la chance qu'il s'agissait d'une patrouille de la Wehrmacht, car si cela avaient été des "SS", il y avait fort à parier qu'il aurait été arrêté et emmené à la Kommandantur. Et tout le monde savait que quand on y entrait, on n'était jamais sur quand on en sortait.
(Les photos ci-dessous, montrent l'appartement on on habitait (a gauche des escaliers) et le château d'eau)
|
|
|
|
La neige s'était mise à tomber dès la mi-novembre et les températures étaient très basses. Je me souviens qu'à la Noël il gelait à pierre fendre. Cela à duré jusqu'en mars 1945. Avec le froid les conduites d'eau avaient éclatés. Le réseau d'égouttage était hors d'usage, soit endommagé, soit simplement bouché. Les services publics ne fonctionnaient plus depuis belle lurette. Les eaux "usées" et autre matières immondes débordaient dans les rues. Les maladies commencèrent à se répandre dans la ville. Bronchites, Pneumonies et surtout Dysenterie. J'ai vu des gens qui mouraient à même le trottoir. Triste spectacle pour un enfant !
Enfin, l'hiver toucha à sa fin. Les troupes allemandes commençaient à se replier vers l'est. L’aviation alliée avait commencé à larguer de la nourriture, afin de venir à l'aide de la population affamée. Moi je ne pesais pas bien lourd: J'avais la peau sur les os. Maman et Papa n'étaient pas mieux lotis, d'ailleurs.
Nous sommes le 5 mai 1945. J'avais 7 ans et 8 mois. Les alliés étaient enfin entrés dans Amsterdam. Quelle fête cela fut ! La population dansait, chantait,pavoisait ! Nos libérateurs reçurent un accueil triomphal. Mes parents firent la connaissance de deux soldats Canadiens: Brian et Georges ... Georges était Québécois et maman pouvait donc lui parler en Français. Quand il venaient à la maison, ils nous apportaient du ravitaillement: Nourriture, friandises (je n'avais jamais goûté de chocolat, ni une orange), des cigarettes pour Papa, etc. Lorsqu'il passaient, et qu'il n'y avait personne à la maison, nourriture et cadeaux passaient par la boîte aux lettres, en tous cas, tous ce qui pouvait passer. Maman avait parfois difficile à pousser la porte, c'est dire.
|
|
La fête à duré quelques semaines, mais ensuite il fallait bien que la vie reprenne un semblant de normalité. Ce ne fut pas un tâche simple, il fallait tout reconstruire, réorganiser. Les Nazis, dans leur débâcle, avaient tout emporté avec eux, ou détruit ce qu'il ne pouvaient emporter.
|
(Photo: Devinez qui c'est ... oui, oui, ce garnement c'est bien moi, en 1948)
Moi, pour ma part, il fallut que retourne à l'école, chez les frères. Je n'ai jamais été un élève brillant. Trop fragile, j'étais souvent malade: j'enchaînais les Bronchites aiguës. Les enfants de ma classe me trouvaient "bizarre". Comme en outre j'étais du genre "rêveur", cela me valut d'être puni souvent par les frères. Et bien entendu cela ne manqua pas d'accentuer ma position, peu enviable, de "tête de Turc" auprès mes "compagnons" de classe. Déjà à cette époque j'étais parfait bilingue, Français/Néerlandais. Résultat : Les élèves de ma classe me cataloguaient de "Péteux", fils à papa (ce que je n'étais pas du tout, loin de là). Je reçus de coups, des insultes de toutes sortes. Combien de fois n'ai-je pas changé d'itinéraire pour aller et revenir de l'école, afin d'éviter de rencontrer mes tortionnaires. Je me disais, qu'en définitive, tous les nazis n'étaient pas partis). Pour finir j'arrivais systématiquement en retard à l'école, seul moyen de ne rencontrer personne, qui soit susceptible de me "tabasser".
Bien entendu, cela ne solutionna rien, si ce n'est que d'attirer les foudres des profs. Je n'osais pas leur dire la raison de mes retards, de peur de faire traiter de mouchard par mes tortionnaires. Mes résultats en classe ne tardèrent pas à en souffrir. J'ai du "doubler" à deux reprises, ce qui m'attira les "foudres" parentales. Les punitions à l'école ne suffisaient pas: à la maison aussi j'étais puni. Maman et Papa ignoraient ce que que je subissais de la part de ceux que je nommerais certainement pas mes "camarades"
Bref, cette partie de ma vie ne fut pas de plus enviables.
|
|
J'avais quand-même un grand ami, Erwin, qui prenait toujours ma défense. Je suis d'ailleurs toujours en rapport avec lui, il a mon âge. Il à connu une grande tragédie dans sa vie. Son papa était un Juif Hollandais qui avait épousé une Bavaroise, qui elle était Catholique. Les parents d'Erwin avaient vu arriver les menaces qui s'amoncelaient en Allemagne. Tôt, avant que la guerre n'éclate, ils avaient fait baptiser et élever Erwin dans la religion Catholique. Ce qui le sauva de la déportation. Le papa d'Erwin qui était dans la résistance, par contre fut arrêté, déporté et il mourut, comme des milliers co-religionaires au Camp de Concentration d'Auschwitz.
Nous étions de vrais amis, et nous étions constamment l'un chez l'autre. J'aimais bien sa maman, aussi.
|
Erwin et moi, nous fréquentions la même école Catholique, Saint Thomas d'Aquin, chez les frères Maristes. Cette école n'existe plus aujourd'hui, ni d'ailleurs notre église paroissiale. Toutes deux démolies pour faire place à des immeubles à appartements. Nous avions fait notre Communion Solennelle ensemble. Nous fréquentions aussi la Troupe Scoute locale, St. Tarcisius.
C'est aussi à cette époque que je commençais à passer les "grandes" vacances en Belgique, chez "Bonne Maman et Bon Papa", et plus tard chez la soeur de Maman, Tante Alice et oncle Léopold et leur fils Jacques. J'y suis allé tous les ans de 1946 à 1952. L'Oncle Léopold travaillait au Chemins de Fer Belges: Il y était machiniste et il conduisait de belles locomotives à vapeur. Je crois que mon "amour" pour les trains je l'ai hérité de lui. Je passais des journées entières à observer les trains à la gare de Jemappes. C'est là que j'avais découvert qu'il y avait aussi une gare de formation. Je me postai au passage à niveau, d'ou je pouvais observer le triage et les manœuvres des locomotives.
Bref se furent toujours des vacances inoubliables. Je m'y faisais une "santé" et quand je rentrais à Amsterdam, j'avais de belles couleurs et j'avais repris du poids. J'étais aussi complètement r'habillé de la tête aux pieds ... Une année j'avais reçu un nouveau costume, avec des pantalons "golf" (Comme Tintin) ainsi qu'un "Béret Basque". Jusqu'alors j'avais toujours porté des culottes courtes. Les pantalons "Golf" c'était la mode en Belgique, mais en Hollande ... du jamais vu.
Résultat ? Un sujet de moquerie de plus à l'inventaire de mes tortionnaires.
1948. Un nouvel évènement vint bouleverser ma petite vie. La naissance de ma soeur, Nadine. Cela vint comme un choc pour moi. J'avais près de 11 ans, et voilà que j'avais une "rivale". Toute l'attention de maman et papa c'était tournée vers elle. Ce qui est tout à fait logique, mais quand à 11 ans on raisonne pas ainsi. J'étais tout simplement, jaloux !
|
|
Il ne fallut pas longtemps, avant que je ne fusse "bombardé" baby-sitter, promotion dont je me serais bien volontiers passé. Les parents se rendaient souvent a des petites soirées chez nos voisins, les Gits et les Thorn ... Résultat, Guy était de la revue! Ma petite soeur pleurait très souvent et je ne savais pas comment m'y prendre pour la calmer. Sur le moment cela n'améliora pas mes sentiments vis-a-vis d'elle. Et pourtant, quand j'y pense, elle adorait son "grand" frérot. Encore maintenant. Il va de soi, que je l'aime aussi, énormément. Je ne sais pas ce que je ferai sans elle !
(Photos ci-dessous: a gauche, je suis avec ma petite soeur, et à droite je suis près de l'Amstel, avec le 'bac" à vapeur derrière a droite)
|
|
|
|
Le temps passait, et nous voici arrivés en 1950. Erwin et moi, nous avions chacun reçu un vélo pour notre Saint Nicolas. Un de ces hauts vélos Hollandais, sans dérailleur, équipé d'un "Torpédo". Pour freiner, il fallait pédaler à l'envers. Nous allions souvent nous balader, Erwin et moi. On allait un peu partout dans les environs d'Amsterdam. Un jour nous avions décidé d'aller à Zandvoort, la plage favorite des Amstellodamois. A cette occasion on s'était sérieusement fait "tutoyer" par nos parents. Nous avions pas dit où nous allions et nous étions rentrés fort tard, on avait tout bonnement oublié l'heure. La nuit commençait à tomber et on était en juin ! C'est dire ... Nos parents étaient "morts" d'inquiétude !
En 1951, j'avais changé d'école et tout se passa relativement bien. L'école Saint Louis se situait dans le centre de la ville et il fallait que je prenne le tram pour la rejoindre. Du coup, finies les rencontres malencontreuses avec mes tortionnaires .... A mon tour d'être "libéré" ! Plus tard j'y allais en vélo. Erwin quand à lui fréquentait un autre établissemnet, mais on continuait à se fréquenter, grâce aux scouts et les randonnées en vélo.
Mais la séparation n'allait pas tarder. En effet les affaires de papa allaient très mal. Les dettes s'accumulaient, aussi mes parents avaient décider de quitter la Hollande et de venir s'établir en Belgique. Bien entendu je n'en savais rien, car ils ne m'en avaient jamais parlé.
Les vacances scolaires de 1952 arrivèrent et comme de coutume, on m'expédia à Jemappes, chez Tante Alice. Rien de bien extraordinaire là, sauf que, lorsque la fin du mois d'août approcha, aucune préparation ne fut prise pour me réexpédier à Amsterdam. Lorsque je posai la question du pourquoi, on me répondit que j'allais rester en Belgique: Nous allions vivre à Bruxelles.
Patatras ! Quelle catastrophe. Je m'étais déjà réjoui de retrouver Erwin et mes petites possessions, restées à Amsterdam. Mon vélo, mes bouquins, mes collections de toutes sortes, les Scouts, nos ballades, etc.... En fait, comme l'entreprise de papa avait fait faillite, toutes nos possessions, y compris les miennes, avaient été saisies, afin de payer les dettes. Pour moi, plus grave que mon vélo ou mes livres perdus, il y avait Erwin, à qui je n'avais pas pu faire mes adieux.
Je changeais donc de pays, en même temps que s'achevait mon enfance et que j'entrais de plein pied dans l'adolescence.
J'allais avoir 15 ans quelques jours plus tard, 17 septembre 1952.
|
|
|