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Deuxième Chapitre MON ADOLESCENCE
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Me voici donc définitivement en Belgique. Adieu la Hollande, les tulipes, les canaux d'Amsterdam, adieu tout ce que j'avais connu jusque-là. Cela n'a pas été trop traumatisant, car j'aimais bien la Belgique. Après tout c'est ici que j'avais été le plus heureux: j'y passais chaque année de merveilleuses vacances. Bien entendu Erwin me manquait. On a continué à s'écrire quelque temps, mais arrive un temps où on ne sait plus quoi se dire et cela à fini par s'arrêter.
Vers la mi-septembre, maman est venu me chercher à Jemappes pour me ramener vers mon nouveau foyer : un petit appartement meublé à Etterbeek, rue Louis Titz. L'appartement - c'est un grand mot - se composait d'une grande chambre faisant office de "studio" avec un coin "salle à manger", deux fauteuils et un lit. Mes parents et ma petite soeur dormaient là. Moi j'avais un lit réversible dans la cuisine. Une salle de douche avec un WC complétait l'ensemble. Ce n'était certainement pas le grand luxe, mais c'était un début : il fallait bien se loger.
Je ne connaissais pas du tout Bruxelles, c'était une toute nouvelle expérience pour moi. Ma vie changeait du tout au tout. Plus question d'aller à l'école : finies les études, il fallait que j'aille travailler pour gagner ma vie, et participer au budget familial. Nous ne possédions plus grand chose, à cause de la faillite l'entreprise de papa. Nous n'avions plus que le strict nécessaire. Pour le superflu, on verrait plus tard ...
Je trouvai mon premier boulot. C'était dans une Boulangerie-Pâtisserie, avenue de la Chasse. Le travail commençait a trois heures du matin. Il fallait allumer les fours, aider le patron à pétrir le pain, etc. Un travail d'apprenti, quoi. La confection de la pâtisserie, c'était l'affaire du patron. Il était bien gentil, il m'avait autorisé de goûter de tout, tant que je voulais. C'était une stratégie, qui porta vite ses fruits. Au bout de quelques jours, à force d'avaler de la crème pâtissière et du chocolat, je fus tellement dégoûté, que pour finir je n'y touchais plus. C'était l'effet recherché par le patron. Pas bête, hein ?!!
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Je ne suis pas resté bien longtemps chez le boulanger. Les horaires étaient horribles. Il fallait que je me lève tous les jours à 2 heures du matin. Et je rentrai à la maison vers 13, 14 heures, mort de fatigue. J'ai vite compris que si c'était cela, la vie de boulanger, ce ne serait pas la mienne ! Au bout de 6, 7 semaines, je laissais là, fours, farines et autres levures, pour un autre emploi, qui me laissait dormir la nuit.
Je le trouvai, Porte de Namur, dans un "Adolphe Delhaize", où je me suis bien plu durant 6 ou 7 mois. On m'avait affecté au rayon des fruits et légumes : je n'ai jamais tant mangé de fruits de ma vie. Le gérant et le personnel étaient très gentils. Parfois je devais aller livrer des fruits et des légumes au Restaurant "Le Berger", dans la rue du même nom. J'y recevais toujours un bon pourboire. Ce n'est que plus tard que j'appris que c'était aussi une "Maison de Passe", mais dans ma naïveté, je m'en étais jamais aperçu ! En fait, rue du berger, c'étaient les bergères qui tondaient les moutons ...
Durant mon temps libre, le week-end, j'allais souvent aux Musées du Cinquantenaire, à deux pas de chez nous. Surtout le Musée d'Art et d'Histoire. J'étais fasciné par la section "Gréco-Romaine" : ses magnifiques statues d'hommes nus... ne me laissaient pas de marbre !
L'Egypte antique m'attirait tout autant. Quelque fois j'y emmenais ma petite soeur, qui avait alors 5 ans, et qui aimait accompagner son grand frère. Elle était fascinée par les momies.
Vers la mi-1953, nous avions déménagé à Schaerbeek, rue Adolphe Marbotin. Nous avions un appartement au premier étage, dans une maison qui était la propriété d'une Tante de maman. Tante Romaine, une soeur de mon grand-père, était un vrai "Gendarme", ce qu'on appelle une femme "formidable", encore faut-il apprécier ce genre de virago. J'y avais enfin une chambre pour moi tout seul. Une mansarde., pourvue d'un "Oeuil de Boeuf" en guise de fenêtre, d'où je pouvais découvrir tout le bas de Schaerbeek. J'aimais m'y réfugier pour lire. Habitant "chez" tante "Romaine", il était normal que mon livre de chevet à l'époque, était un roman historique de Henryk Sienkiewicz, "Quo Vadis". On en avait tiré un film avec Peter Ustinov et Robert Taylor, qui était l'un de mes préférés. ....
(Ci-dessous, les trois photos au "Patro" Sainte Suzanne, en camp d'été à Lourdes)
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Entre-temps j'avais quitté "Adolphe Delhaize" pour un job dans un atelier de sérigraphie, "les Impressions Hami", ou je fis la connaissance d'un collègue, Georget Lebon. Il habitait avec sa maman et son frère Jean, dans la maison juste à côté de chez nous. Quelle coïncidence ! Lui, et son frère, faisaient partie de "Patro Ste Suzanne". Ils avaient vite fait de m'attirer vers ce Mouvement de Jeunesse. Bien vite j'y devins un des Dirigeants. Ce fut un chouette époque, qui commença en 1954, pour s'achever en 1961.
(Sur la photo de groupe, le grand gaillard, les bras croisés, c'est moi. A côté a gauche sur la photo, ce sont Jean et Georget Lebon)
(Photos ci-dessous : L'église Sainte Suzanne ou j'étais "acolyte")
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C'était aussi à cette époque que je devins "Acolyte" dans notre Eglise Paroissiale, Ste Suzanne. J'y servais la messe, surtout la Grand'messe, ainsi que les Vêpres et Complies. Je chantais également dans la chorale. J'ai garde de très bos souvenirs de cette époque: J'aimais endosser la soutane et le surplis. J'eûs même des désirs de devenir prêtre. (Idée que j'abandonnais rapidement, ayant décidé que ce n'était pas ma vocation). Le curé à l'époque, l'Abbé Albert Rijckmans, était très fier de son équipe d'acolytes. Nous étions un trentaine, âgés entre 10 et 24 ans. Les cérémonies religieuses étaient superbes à l'époque. On en était encore à la messe traditionnelle, dite 'Tridentine', chantée en Latin. C'était très beau, et les églises étaient encore pleines à l'époque. En plus de Mr. le Curé, il y avait encore 4 vicaires. Il n'y avait pas de pénurie de prêtres dans ces temps là. (Que s'est-il donc passé pour que cela à tellement décliné ?) L'Abbé Rijckmans était renommé pour ses homélies: On venait de loin pour l'écouter. A vrai dire il ne mâchait pas ses mots. Le dimanche il y avait 5 messes, depuis celle de 7 heures à celle de midi, (la messe des paresseux, qu'il disait), et c'était lui qui faisait l'homélie dans chacune d'elles. C'est dire qu'il était rodé pour cette messe de "midi" ... En fin d'après-midi on chantait les vêpres et complies, suivie par la bénédiction du Saint Sacrement.
Je peux honnêtement dire que cette période à été la plus belle de ma jeunesse
Fin 1954, je changeai de nouveau d'emploi. Papa, qui était étalagiste-créateur pour un grand magasin, me trouva un emploi comme "étiquettiste-calicotiste" au "Bon Marché", rue Neuve. (Ce magasin n'existe plus aujourd'hui) J'y suis resté que quinze mois. Le boulot n'était pas des plus excitants.
(Toujours pendant le "Camp d'été" à Lourdes)
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C'est aussi à cette époque que mes tendances "Gay" se sont fait jour. En effet les abords du "Bon Marché" étaient connus comme étant un endroit de "drague" pour les "Pédés" (Quel horrible mot, je préfère de loin "Gay", ce nom qu'on utilise de nos jours). Vous devinerez facilement la suite: J'étais comme une "mouche devant un pot de miel", comme "un clou devant un aimant". Ce qui devait arriver, arriva ! Je m'étais fait "draguer", et j'étais passé à la "casserole", comme on dit si joliment. C'est à la casserole qu'on saute les pommes de terre, et je ne sais pas si elles y prennent autant de plaisir que je n'ai pris cette fois-là ! Le "pied" !!! Ce fut l'étincelle qui alluma la mèche qui allait faire s'exploser mes préférences pour le genre masculin. Bien sur, ce n'était pas nouveau, j'avais compris depuis longtemps déjà, que j'avais une attirance certaine pour les hommes, mais je n'avais jamais franchi le pas. Je n'avais jamais osé approcher qui que ce soit (sauf les statues grecques) de peur de la réaction qui aurait pu s'en suivre. Et puis il y avait le qu'en dira-t-on. En outre il y avait le Patro et les Acolytes, où ce n'était pas le genre de la maison.
A cette époque, tout ce qui touchait à la sexualité était tabou, péché mortel, enfer et damnation éternelle...
On pouvait s'imaginer Satan devant sa marmite, faisant mitonner tous ceux qui avaient osé faire autre chose que pipi avec leur "zigounette", mijotant sur le feu de l'enfer.
De plus, je ne me voyais pas confesser à mon "Directeur de Conscience", qui était aussi l'Aumônier du Patro, mes tendances "intrinsèquement désordonnés, contraires à la loi naturelle", comme avait déclaré quelque 50 ans plus tard, Mgr. Joseph Léonard.
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Donc, le seul acte que je lâchais en confession était la chose que tous les jeunes de mon âge (17 ans à l'époque) pratiquaient à tour de poignet: La masturbation. Ce que je confessais par: <<Mon père j'ai pêché par impureté>>. Du reste, ne pas confesser cela aurait été suspect, à moins que je ne sois un "Saint", ce dont on ne m'a jamais soupçonné.
A vrai dire, je n'eus plus d'expériences "Gay" pendant longtemps. J'étais trop pris par mes occupations dans la paroisse et mon boulot. (et je l'avoue, par la peur de me faire découvrir)
Entre-temps, nous avions de nouveau déménagé. Suite à un différend entre mes parents et la tante Romaine, maman et papa avaient trouvé un superbe appartement, situé à l'angle de la rue Guillaume Kennis et de l'avenue Gustave Latinis. Au troisième étage, et dans le même quartier. La vue était splendide, on pouvait voir jusqu'au Domaine Royal et la Tour Japonaise. Et pour la première fois, ma petite soeur avait une chambre pour elle toute seule. Ce qu'elle était fière ! Et l'Eglise Sainte Suzanne etait a 100 m. !
En 1955, je tombais gravement malade, Je me plaignais depuis quelques temps de maux dans le dos, entre le côtes. Je faisais régulièrement des visites chez le médecin au service médical du "BM". Invariablement on diagnostiqua: "Névralgies intercostales". ... Les douleurs devenaient de plus en plus sévères au fur et à mesure que le temps passait. Mon travail en souffrit énormément, au point que je fus licencié !
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(Ici je suis en compagnie de maman, lors de mon séjour en Sanatorium)
Papa s'arrangea pour me faire engager comme étiquettiste au près de lui, chez Priba; Avant d'être engagé définitivement, il me fallait passer une visite médicale. Quand je mentionnai mes "névralgies intercostales", le médecin avait trouvé cela suspect et il me fit passer des tests et une "Radioscopie" ... On diagnostiqua une "Infiltration Tuberculeuse des Sommets de Poumons" ... On m'expédia dare-dare au Sanatorium "Georges Brugmann" à Alsemberg. Quelques jours après mon arrivée dans cet établissement, mon état s'empira: Une Pleurésie, qui faillit m'être fatale. Je fis tellement de fièvre, qu'à un moment donné, je ne reconnus même pas mes parents, alors qu'il me rendaient visite. Heureusement le médecin-directeur de l'établissement, le Dr. Wyns, parvint à gros renforts de "Pénicilline", à enrayer la maladie.
Petit à petit, je me remis et on me plaça dans une chambre à quatre lits, avec des jeunes gens de mon âge, ou à peu près (entre 18 et 21 ans). Ce ne fut pas long pour que je m'aperçoive d'un étrange manège. Tous les soirs, après l'extinction des lumières, le gars de la chambrée se rendaient visite les un aux autres dans leurs lits. La bienséance m'interdit d'être plus explicite.
Lorsque l'un d'eux m'invita à participer à leurs ébats, je n'avais pas hésité longtemps. Genre de temps qu'on compte en "nanosecondes" ... Mes "tendances" furent à nouveau réveillées. Elles n'attendaient que cela ! C'est alors que j'acquis un peu plus d'expérience. Quoique la "Grande explosion" ne surviendrait que beaucoup plus tard.
Après 13 mois en "Sana", je pus enfin rentrer définitivement à la maison. J'étais entièrement guéri. Je n'ai jamais revu aucun de mes "compagnons" de chambrée.
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Nous sommes maintenant fin 1956.
A ma grande surprise, la place chez "Priba" était toujours vacante (probablement grâce à Papa). Je repris le travail après un court apprentissage au magasin de la rue des Halles, près de la Bourse. Quelques mois plus tard je fus transféré dans une nouvelle succursale à Schaerbeek, rue Richard Vandevelde. Là, je travaillais seul, comme décorateur, étalagiste et étiquettiste. Le gérant, Mr. Dewolf m'avait donné carte blanche pour tout ce qui concernait la décoration du magasin.
Souvent, quand il y avait affluence, on me demandait d'aider à la vente. Pas de problème, j'aimais beaucoup cela.
Côté loisirs, je repris du service auprès du Patro et comme Acolyte. Mes tendances "Gay" s'étaient de nouveau estompées, mis en veilleuse en quelque sorte. Les mois passaient. J'étais heureux avec tout ce que je faisais. Les activités du Patro m'absorbaient totalement, l'organisation des jeux, les veillées, les fêtes ... En outre le dimanche il y avait la messe et les vêpres. J'adorais cela, pour rien au monde j'aurais raté cela. Cela m'avait beaucoup manqué durant ces 13 mois de maladie. (Quoique, il y avait une chapelle au Sanatorium, où un "vieux" prêtre venait dire la Messe le dimanche et les jours fériés. Bien entendu j'y servais la messe.)
Cette période était faste pour moi. L'époque était fort différente de celle d'aujourd'hui. La libération de la guerre n'était pas tellement loin dans le passé, et la plupart des jeunes avaient étés éduqués dans le souvenir de cette époque troublée. Il y avait beaucoup plus de discipline alors. Les jeunes n'étaient pas laissés à leur sort comme aujourd'hui.
C'est aussi à cette époque que je suivais des cours du soir de dessin et de publicité à l'école St. Luc, rue des Palais. J'aimais beaucoup cela. Notamment le cours de dessin au fusain. Il y avait un jeune homme qui posait (tout nu), et je crois que je l'ai dessiné sous tous les angles. J'avais aussi fait le portrait d'un jeune gars de mon âge, par qui j'étais attiré et qui était beau "gosse". Il était musicien et il jouait de l'alto ... Il s'appelait Herbert, et je l'ai un jour ramené à la maison. Il avait fait la connaissance de mes parents et de ma soeur. Je crois qu'il avait un "petit faible" pour elle. Nous nous sommes pas fréquentés bien longtemps, d'abord il n'était pas "Gay" du tout. Puis il était très pris par sa musique, ses cours au conservatoire, et par le dessin.
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1957. La vue qu'on avait depuis notre appartement était en train de changer très rapidement. Le Boulevard Lambermont avait subi de grosses transformations. D'une artère verdoyante, bordée de 4 rangées de Platanes, avec une piste équestre, une piste cyclable, la ligne de tram sous les arbres et deux chaussées latérales, elle était devenue un véritable "Autoroute Urbaine". Disparus, les beaux arbres, ils avaient dû faire place à l'Asphalte. A l'horizon on apercevait les travaux de "L' EXPO 58". La construction de l'Atomium avançait à grand pas. Bref, Bruxelles n'était plus qu'un gigantesque chantier. L'ancienne et belle gare du Nord avait été démolie, la "Tour Martini" s'élevait à sa place. Un long viaduc parcourait toute la longueur du Boulevard Léopold ll, depuis la Place Rogier jusqu'à la Place Simonis.. Là, ou il y avait la gare de l'Allée Verte, il y avait maintenant un "Héliport" .... Tout cela pour l'Exposition Universelle de 1958.
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Enfin l'ouverture de "l'Expo 58" arriva. Cette année 1958 avait commencé sur les chapeaux des r oues. Moi, pour me faire un peu d'argent de poche supplémentaire, j'avais offert a Mr. Dewolf de faire le nettoyage du magasin le soir après la fermeture, le temps que la femme d'ouvrage fasse son accouchement. Cela m'avait rapporté un beau petit pécule. Je rêvais de posséder un "magnétophone", ce qui était quelque chose de nouveau à l'époque. Avec ce que j'avais gagné, j'eus tôt fait de me l'acheter.
Mes parents, quant a eux, avaient mis deux chambres, la leur et la mienne, a la disposition de "Logexpo". La chambre de ma soeur fut transformé en chambre pour les parents et ma soeur, tandis que moi je dormais sur le divan dans le living. Cette période "Logexpo" fut un franc succès. Pas mal de gens avaient défilé chez nous, de toutes Nationalités, des Quatre coins du Monde. Ce fut agréable de faire la connaissance des tous ces gens. Il faut dire qu'il y avait quand-même des gens un peu bizarres. Je me souviens d'un Italien, qui tous les matins, sortait a 6 heures, vêtu du grand manteau noir, avec un immense parapluie, qui allait attendre le premier tram à l'arrêt en face de chez nous. Une autre fois c'était un jeune Américain, un Texan de Houston, qui préfèrait passer ces soirées avec nous à discuter et à nous apprendre à jouer au Poker.
Je me souviens avoir r eçu une invitation personnelle, sur papier parchemin, à une réception au Belvédère (là ou le Roi et la Reine habitent actuellement) par le Baron Moens de Fernig. Je n'ai aucune idée en quelle honneur et comment il avait trouvé mon nom. Inutile de dire que j'ai refusé poliment. Ce n'était pas mon milieu, alors pas du tout.
Je suis allé a plusieurs reprises à "l'Expo", seul et avec le Patro. C'était formidable, toutes ces merveilles exposées a la vue de tous. Toutes ces prouesses technologiques. C'était l'époque ou avait été lancé le premier satellite artificiel Soviétique, le "Spoutnik", dont on pouvait admirer une copie dans le Pavillon de l'URSS. Tous les visiteurs étaient réellement fascinés par cette petite boule de métal dont l'original tournait autour de la terre en émettant comme unique signal radio un: "Bip, bip, bip ....", qui fut diffusé par toutes les radios du Monde.
Nous étions bel et bien entrés dans l'ère spatiale ....
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Malgré toute l'agitation qui secouait Bruxelles, cette année là, j'étais quand même parti passer mes vacances avec ma Marraine et mon Oncle à Olloy-sur-Viroin. Nous logions a l'Hostellerie du Viroin, juste en face de la gare. Cet établissement n'existe plus aujourd'hui. Je fis la connaissance du fils de la patronne de l'hostellerie. Un gentil garçon qui avait à peu près mon âge. Il n'a pas fallu longtemps pour que je rendis compte qu'Emile, avait les mêmes tendances que moi. On devint amis, le temps des vacances. Nous faisions de longues randonnées a bicyclette dans la région. Emile me montra tout ce qu'il avait à voir dans la contrée. Il faisait un excellent guide. Nous parlions beaucoup au cours de longues promenades en forêt, découvrant la nature de près. C'est là, au plus profond des futaies que nous examinions nos natures de très, très près, si vous voyez ce que je veux dire .... Ce qu'on appelle des leçons des choses. Et nous prenions les choses bien en main. Emile était devenu un bon copain, mais rien de plus. Je l'ai revu une autre fois, alors qu'il m'accompagna durant un voyage en Autriche. Je l'ai perdu de vue par la suite. Je ne sais pas ce qu'il est devenu. Une fois "l'Expo 58" terminée, la routine reprit son cours. Je pus réintégrer ma chambre et retrouver ce qui faisait mon quotidien : le travail, le Patro et le Service dans l'Eglise. C'est à cette époque que mourut S.S. le Pape Pie XII . Pour moi, ce fut un évènement marquant, car avec un autre acolyte, j'avais été désigné par Mr. le Curé pour sonner le "Glas". Pour ce faire, nous devions monter dans le clocher de l'Eglise où on se rélayait toutes les heures, du lever du soleil, jusqu'au coucher. Il s'agissait de donner un coup de marteau sur la cloche, le "Bourdon" toutes les 5 minutes ... Cette journée du 9 octobre 1958 parut interminable. En 1959, je partis au "Camp" avec le Patro, destination Lourdes. Comme j'avais toujours une santé fragile, suite à ma tuberculose, je ne dormis pas sous la tente avec les autres. Je dormis à la Ferme à côté. Notre aumônier logeait là également. Comme de bien entendu nous fîmes un pèlerinage au Sanctuaire. Cela m'avait laissé une forte impression.
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Tous ces malades qui venaient là, avec l'espoir d'une guérison, la ferveur omniprésente, palpable. Par contre, ce qui me déplut "souverainement", c'était le commerce de "bondieuseries" présent quasi partout. On y vendait des Chapelets, des Images Pieuses, de l'Eau de Lourdes en bouteilles, des statuettes, des vierges "porte-clés et "tutti quanti" .... Je suppose que tout le monde a le droit de gagner sa vie, mais tant de mauvais goût, c'était choquant quand même! Fin 1959, le nouveau gérant du Priba de Schaerbeek, avait été designé pour ouvrir un tout nouveau magasin a Jette, rue Léopold 1er. Il s'agissait d'un tout nouveau concept a Bruxelles, un "Super Marché" de style USA. Le gérant m'avait offert, ainsi qu'a quelques autres personnes de l'accompagner dans cette aventure. Nous avions accepté bien volontiers, parce que Mr.Close était un chouette patron, que tous aimaient bien. Donc, on partit pour la nouvelle succursale pour "faire" l'ouverture. Ce "Super" existe toujours,mais sous l'enseigne "Carrefour" aujourd'hui. En 1960, cette période heureuse de ma vie allait prendre une nouvelle tournure. On avait offert a maman la gérance d'un magasin de Papeterie, Librairie et Articles pour Fumeurs, Sogesma", au Square Gutenberg a Saint Josse-ten-Noode. Mes parents ayant accepté, nous voici devant un nouveau déménagement. Nous étions installés dans l'appartement au dessus du magasin. C'est ainsi que j'ai cessé de fréquenter la Paroisse Sainte Suzanne. L'Acolytat, le Patro, etc., c'était terminé. Le Square Gutenberg était vraiment trop loin de Ste Suzanne. Tout était en place pour que ma vie change radicalement. En déménageant, je laissais derrière moi mon adolescence. Ma vie d'adulte était sur le point de commencer véritablement.
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