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Cinquième Chapitre
MA VIE D'ADULTE
LA RENCONTRE QUI ALLAIT CHANGER MA VIE
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Le début de 1966 se déroula sans histoires notables. Le médecin spécialiste avait fait son rapport auprès de la justice et avait confirmé que j'avais suivi assidûment le "traitement" prescrit. En fait de traitement ce ne furent que des interviews et l'administration de calmants, pour ralentir quelque peu mon "activité" sexuelle. En tant que médecin sexologue, il savait pertinemment bien que l'on ne pouvait rien changer à mon homosexualité. L'officier "probationniste" confirma elle aussi que je la visitais régulièrement. Cette histoire ridicule (pour la justice) se terminait donc pour un mieux.
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(Photo: Votre serviteur lorsque je rencontrais Mike pour la toute première fois)
Les mois passèrent et juin arriva et avec lui le début de l'été. Et c'est précisément à partir de ce moment que ma vie allait prendre une tournure totalement inattendue...
Comme je le disais précédemment, j'avais commencé à profiter des facilités que la "SABENA" offrait à son personnel en ce qui concernait les voyages gratuits. L'envie m'avait soudainement pris d'aller vivre le "Swinging London" avec ses "Carnaby Street" et autres "Kings Road", tous ces endroits à la mode de cette capitale dans le "Vent".
Je pris donc un billet et je partis pour Londres. Arrivé à destination je pris une chambre au "YMCA" de Finchley Road. (Non, les "Village People" n'avaient pas encore sorti leur "tube" !) J'y déposai mon sac et je pris le "Tube" (métro) pour "Victoria Station", qui me semblait un excellent point de départ pour faire du tourisme et de visiter cette superbe ville.
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(Photo: Mike tel qu'il était lorsque je l'avais rencontré à "Victoria) - Je possède toujours cette chemise et ce veston, que je garde précieusement)
Arrivé à "Victoria" je pris les escalators pour sortir du métro, lorsque j'aperçus ce jeune homme, appuyé contre une colonne, tout en haut des escalators.
Il était grand, mince et avait de beaux yeux "gris-bleu". Nos regards se sont rencontrés et il esquissa un sourire. (Ah, ce sourire ...: Je le vois encore, car il s'est imprimé à jamais dans mes rétines). Je lui retournais son sourire et nous nous sommes longuement regardés. Puis il tourna les talons et il se dirigea vers la sortie de la gare, tout en se retournant de temps à autre, comme pour s'assurer que je le suivais. Nous sortîmes de la station sur Buckingham Palace Road. Pas une seule parole avait été échangée entre nous jusqu'a là, mais il arborait toujours son merveilleux sourire. Nous nous sommes arrêtés sur le bord du trottoir. A nouveau il plongea son regard dans le mien, et je fondis comme "neige au soleil". Mon coeur faisait des "boum-ba-da-boum", mes jambes flageolaient, j'avais chaud, puis froid ... Dieu, ce qu'il était beau ! Prenant mon courage à deux mains, je lui adressai la parole. Des banalités. Je lui offris une cigarette, tout en lui demandant s'il avait du feu. Toute cette scène était d'une incroyable banalité et sans doute elle aurait été jugée comme telle par n'importe quel spectateur, mais elle était loin de l'être pour les deux jeunes gens qui semblaient figées sur ce trottoir de Buckingham Palace Road ce jour là.
Je parlais un anglais "acceptable", mais mon accent trahissait mes origines francophones. Il me prit d'ailleurs pour un Français ! On s'était présentés et c'est alors que j'appris qu'il s'appelait: Michael. (Comme l'Archange) - Il m'avait alors dit qu'il parlait aussi le Français, qu'il avait étudié a l' University of London, ou il avait obtenu une licence en Français. Il avait d'ailleurs enseigné l'Anglais en France à Malesherbes, dans le Loiret.
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(Photo: La maison de Gondar Gardens ou Mike habitait et où il m'avait emmené le soir de notre rencontre. Sa chambre était celle avec la loggia au Rez-de-Chaussée)
Nous avions entamé un longue conversation et parlé de choses en général. Il fallut un bon moment avant qu'on décoda de bouger, de quitter ce bord du trottoir. Evidemment pas question de l'emmener au "YMCA", et pourtant j'avais très envie de lui.
Michael habitait dans une chambre "garnie" à West Hampstead. Un "Bed-sit" comme on dit à Londres. Mais il craignait que sa logeuse, Mrs. Gold, n'approuve le fait de me faire entrer chez lui. Pourtant, Michael m'avait fait comprendre qu'il avait autant envie de moi, que moi de lui. Que faire ....
Finalement, il me proposa d'aller prendre un verre dans son "Pub" préféré à West Hampstead, et que là déciderions de ce que nous allions faire. Installés au "King William IV", il me présenta à quelques uns de ses amis de Pub. La conversation languissait, quand Michael prit la décision de tenter de me faire entrer chez lui. Nous partîmes donc vers son "Flat" dans "Gondar Gardens". C'était une chambre située immédiatement a gauche après la porte d'entrée. (Sur la photo c'est la chambre avec la "loggia"). A cette heure la logeuse devait être installée devant la TV, et elle n'avait rien entendu.
A Londres les loyers étaient tellement élevées (encore maintenant) que peu de jeunes avaient la possibilité de s'offrir une appartement ou une maison. Les prix étant exorbitants.
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(Photos ci-dessous: A gauche, le Pub "William IV", où Mike m'avait emmené et à droite, sa rue, "Gondar Gardens" .)
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Mike m'avait alors offert une "Cup of Tea" et un sandwich. Nous avons écouté un peu de musique. Il était amateur de musique classique tout comme moi. Il aimait beaucoup la musique de Jean Sibélius ("Sibby" comme il disait).... La soirée se passa très agréablement, nous permettant de faire plus ample connaissance. Petit à petit nous avions commencé a parler de choses plus personnelles, plus privées. Puis l'heure était arrivée on nous nous sommes couchés. Comme le lit était un lit d'une personne on était a l'étroit. Mais de cela on s'en fichait pas mal, au plus étroit, au mieux c'était. Nous avons fait l'amour durant une bonne partie de la nuit. Qu'il était beau, comme ça, tout dévêtu. Et il sentait bon, il avait l'habitude de se mettre du talc et une eau de toilette. Il ne parlait pas pendant nos ébats. Il a seulement murmuré une seule phrase, à plusieurs reprises: "This is Marvellous" (c'est merveilleux). Jamais je n'oublierai ces premières étreintes. C'est comme si c'était hier !
C'est ainsi que j'ai rencontré Michael. Maintenant je pouvais l'appeler "Mike". Par la suite j'avais appris que c'était là un grand privilège. Il y avait peu de personnes qui l’appelaient ainsi. Pas même dans sa famille.
On avait enfin fait "officiellement" connaissance. Mike était né en 1944, il avait donc 22 ans. Moi j'allais sur mes 29 ans, une différence d'age de 7 ans.
Après cette nuit merveilleuse, extraordinaire, magique, il était temps pour moi de repartir, mais à regret. Mike devait aller travailler et il fallait que je sorte de la maison avant que sa logeuse ne se lève. On s'est donc levé tôt et après s'être lavés, rasés et habillés, on est sortis presque comme des "voleurs". Et d'ailleurs c'était le cas : Il avait volé mon coeur et moi le sien.
Mike m'accompagna jusqu'a la Station de Métro, où nous prirent le petit déjeuner dans un café. On s'était fait la promesse de s'écrire, de rester en relation. Nous avions donc échangés nos adresses respectives.
A ce moment là, je ne croyais nullement que cette aventure allait aboutir à quelque chose de permanent. J'avais déjà eu tant de déceptions et d'aventures sans lendemain, que je n'y croyait plus guère. Il est certain que le milieu Gay est un monde cruel, je dirais même "méchant". Il y avait toujours quelque part une âme "jalouse" prêt à démolir dans l'oeuf une relation amoureuse naissante.
Après avoir pris le petit déjeuner ensemble, nous avons chacun de notre côté pris le "Tube", lui vers son travail, moi vers le "YMCA". J'avais projeté de me reposer un peu avant de reprendre l'avion vers Bruxelles. J'avoue qu'après l'expérience que je venais de vivre, je n'avais plus envie de me promener dans Londres. Je voulais retourner au plus vite à Bruxelles, avec dans la tête mon merveilleux souvenir. Finalement je ne pris pas de repos et me rendis à l'Aéroport sans tarder. Un heure et demie plus tard, j'étais chez moi, Rue des Moineaux. Il y avait 350 Kms entre Mike et moi. A vol de moineau !
En montant les escaliers; je rencontrai Mme. Slingeneyer dans les escaliers. Je me souviens clairement qu'elle me demanda ce qu'il s'était passé pour que j'aie l'air si heureux. Apparemment, cela se voyait donc sur mon visage. Elle ne m'avait jamais vu comme ça, surtout ces dernier temps. Je lui racontai mon aventure Londonienne, sans trop rentrer dans les détails, bien sûr, j'avais quand même une certaine pudeur. Elle me coupa dans mon récit pour déclarer tout de go : "Toi tu es amoureux, ne me viens pas me dire le contraire, cela crève les yeux. Mais fais attention quand même, j'espère que cela ne soit pas encore une autre déception". Si cela lui avait crevé les yeux, à cette chère madame S..., c'est quelle ne les avait donc pas dans sa poche !
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Après avoir réintégré ma chambre sous les combles, je me mis à écrire ma première lettre à Mike. Il à dû la recevoir le surlendemain, car je reçus une lettre en retour, trois jours plus tard. Il me répondit qu'il était heureux de m'avoir rencontré et qu'il espérait que je reviendrai le visiter à Londres très bientôt.
Nos échanges de lettres se firent plus fréquents, deux fois par semaine, parfois trois. Deux semaines plus tard, je lui annonçais ma visite pour un week-end. Je prévoyais d'arriver le vendredi en fin d'après-midi et de repartir le lundi matin. Mike me répondit qu'il était heureux de me revoir et que me loger ne posait aucun problème. Il en avait touché un mot auprès de sa logeuse, qui n'avait fait aucune objection. Elle avait même installé un lit d'appoint dans la chambre de Mike. C'était très gentil de sa part. De toutes façons je ne l'utiliserai pas, après tout, je dormirai dans les bras de Mike. (Ça elle ne le savait pas, bien entendu !)
Ce fut un merveilleux week-end. Nous nous accordions parfaitement. (Normal, puisque nous étions "faits" l'un pour l'autre.) Mike me fit visiter Londres, c'était une guide parfait. Pas tout, bien sur, car il fallait en laisser pour les autres week-ends à venir.
Mike me présenta à quelques uns de ses meilleurs amis: Il y avait Peter et Russell ainsi que Neville, l'artiste. Il y avait aussi Peter Jeffers, un gentil garçon Irlandais, qui travaillait pour "Aer Lingus". Je fus accueilli avec chaleur et sympathie. Mike avait déjà parlé de moi en des termes plus qu'enthousiastes. C'est à ce moment que je me suis rendu compte combien la mentalité anglaise était très différente de la nôtre. Je me suis réalisé que s'il n'est pas aisé de se faire des amis en Angleterre, mais que quand on s'en est fait, c'est pour la vie. Je suis d'ailleurs toujours en contact avec certains d'entre eux à ce jour.
Après ce merveilleux week-end, les postes de sa "Gracieuse Majesté" et de notre plat pays, virent nos échanges épistolaires devenir journaliers, ou presque. Nous avions commencé à nous avouer nos sentiments les plus profonds et les plus secrets. Les lettres étaient devenues des lettres d'amour, du genre qu'on garde pour la vie au fond d'un tiroir, entourés d'un beau ruban rouge. Je suis encore retourné à Londres à plusieurs reprises, et à chaque fois ce fut tout aussi merveilleux. Notre Amour naissant (avec un grand "A") devenait de plus en plus profond.
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(Photo: Mike tel qu'il était en 1970, arborant son merveilleux sourire ...)
Ainsi les semaines et les mois passèrent. Mike avait projeté de passer dix jours de vacances chez moi, à Bruxelles.
Nous avions fixé la date à début octobre. Il arriverait le vendredi début d'après-midi. Il prit le "Belgian Arrow", c-à-d. le train de Londres "Liverpool Street" pour Southend, puis l'avion de la "BAF" (British Air Ferries) pour "Ostende (Middelkerke) et le train jusqu’à Bruxelles-Midi.
Lorsque le grand jour arriva, j'étais allé l'attendre sur le quai, gare du Midi. Quel grand bonheur lorsque je le vis débarquer du train! Il m'avait tout de suite aperçu, et il arborait son "irrésistible sourire" comme de coutume. (Ce large sourire éclatant, quelle merveille.) Nous avions pris un taxi et sans tarder nous sommes rentrés chez moi. Inutile de dire que nous nous sommes couchés immédiatement. Nous n'avons même pas pris le temps de prendre une tasse de café.
Nous ne pouvions attendre le soir, tellement on avait envie de l'un, l'autre... Pourtant, Mike était un garçon extrêmement pudique. Jamais il ne proférait un mot vulgaire, jamais de gestes obscènes... Mike ne parlait jamais en faisant l'amour, si ce n'était : "I love You, I Love You !" . A chaque fois qu'il me disait cela mon coeur se mettait à battre très fort, prêt à éclater. Je savais au plus profond de moi, que ce n'étaient pas des mots vains. ... Mike était un garçon très sincère, il se donnait toujours entièrement, à fond ! Dans tout ce qu'il faisait ou disait. En outre il avait cette qualité rare de nos jours: Il était d'une très grande simplicité et très humble! Il avait horreur de se mettre en "avant". En outre il était d'une honnêteté à toute épreuve. Il était pour moi bel et bien l'oiseau rare.
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Le soir venu, nous sommes allés manger un morceau dans un petit resto sympa, en amoureux. Ensuite, nous nous sommes baladés un peu sur la Grand'place et les alentours. Il fallut que je lui montre "Manneken Pis" bien sur. Puis nous sommes revenus vers la Grand'place et nous avions pris un verre sur la terrasse du "Roi d'Espagne". Il faisait très doux pour octobre, je me rappelle. Puis nous somme rentrés nous coucher. J'avoue qu'on n'avait pas beaucoup dormi...
Les jours suivants nous avions visité la ville et les environs. N'ayant pas encore de voiture à l'époque, tout se faisait en tram et bus. Mike était très intéressé par Bruxelles, qu'il trouvait une belle ville. Très différente de Londres. J'avais aussi pris quelques jours de vacances, afin d'être entièrement à la disposition de mon chéri.
Nous avons visité un "bar" où deux, mais Mike n'aimait pas trop ces endroits. Il y trouvait l'atmosphère "malsaine", et là je lui donnais entièrement raison. J'y avais fait tant de mauvaises expériences.
Le cinquième jour Mike tomba malade. Une grippe. Je le soignais avec amour, je lui avais administré des "Antigrippines Midy" et des boissons bien chaudes. Sa fièvre eût vite fait de tomber, mais je trouvais, quand-même plus prudent de le garder à l'intèrieur, bien au chaud. Il garda donc le lit avec des "bouillottes". Nous écoutions de la musique et je lui faisais la lecture. Bref, je le "dorlotais", quoi !
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A un moment donné je me suis retiré dans ma kitchenette, afin de préparer le souper, un Spaghetti Bolognaise, quand j'entendis un bruit étrange provenant de la chambre. J'allais voir. C'était Mike, qui sanglotait. C'était la toute première fois que je vis Mike pleurer ! Je l'ai serré dans mes bras en tentant de le consoler, tout en lui demandant ce qu'il se passait; C'est alors qu'il me déclara qu'il ne voulait pas retourner à Londres. Qu'il désirait rester avec moi, vivre avec moi, pour toujours !
Trop heureux, je lui répondis, que moi aussi je désirais rester avec lui et qu'il fallait tout faire pour que ce rêve se réalise. Mais comment ? Cela n'irait pas sans problèmes. Il fallait résoudre les difficultés et les obstacles qui se présenteraient inévitablement. Mike avait son travail à Londres, et moi le mien ici, à Bruxelles ... Je me suis dit qu'il serait probablement plus simple pour moi de trouver un emploi à Londres, que pour Mike, ici à Bruxelles.
Toujours est-il, que c'était ce jour là que nous avions décidé de lier nos vies, pour le meilleur et pour le pire. Quoi qu'il advienne.
Le reste des vacances consistait à nous promener, à aller au cinéma, mais le plus souvent à rester dans ma chambre, dans les bras de l'un et de l'autre. Nous étions heureux, tout simplement.
Mais le jour arriva ou Mike devait retourner à Londres. Nous avions versés des larmes, et nous nous sommes promis que nous serions réunis très bientôt. D'une façon ou l'autre. Je le conduisis à la gare du Midi. Je l'installai dans le train pour Ostende. Lorsque le train démarra, j’eus toutes les peines du monde à retenir mes larmes.
J'étais vraiment très amoureux de lui. Il est très difficile d'expliquer ou de décrire de tels sentiments. Cela vient du plus profond du coeur, de l'âme.
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Rentré chez moi, Mme S... me dit qu'elle avait trouvé Mike charmant et que j'avais de la chance de l'avoir rencontré. Elle avait vu très juste. Toujours pas les yeux en poche.
A partir de ce jour, les écrits se firent plus fréquents, parfois 3 lettres sur une journée, c'est dire. C'étaient des lettres enflammées, de véritables cris d'amour. Je les ai toujours gardées en lieu sûr.
Entretemps, j'avais trouvé la solution pour notre vie future. J'avais appris que la "SABENA" cherchait un "Traffic Representative" pour leur bureau de "London Heathrow Airport". (Coïncidence ? Peut-être, mais j'ai des doutes) Je téléphonai donc à Mike, pour voir ce qu'il en pensait. Il fut convenu que j'essayerais de décrocher le poste. Je fis un rapide aller/retour pour Londres, afin de me présenter au Chef d'Escale. Il faut croire que je faisais "l'affaire", car il contacta mon Chef de Service à Bruxelles, pour qu'il consente à mon transfert. La réponse ne se fit pas attendre. Deux jours plus tard je reçus la confirmation de mon transfert. Je devais prendre mon service à Londres le 7 décembre suivant. Fou de joie, je téléphonai à Mike, pour lui annoncer la bonne nouvelle. Lui aussi était fou de joie. Il fut donc décidé que j'arriverais à Londres le 3 décembre. Cela nous donnerait quatre jours pour trouver un nouveau logement pour nous deux.
Avant cela, il me fallait courir à gauche et à droite: Annuler ma domiciliation à Bruxelles, prévenir la "Probationniste" que j'avais été "muté" pour Londres. Il me fallait obtenir un Passeport, préparer mes valises, avec mes effets personnels, mes uniformes, mes disques.... Ma chaîne Hi-Fi, je l'ai laissée à Mme. S... en guise de souvenir. Bref, j'étais occupé avec toutes sortes de choses. Et puis il fallait que je continue a travailler malgré tout. C'étaient des semaines euphoriques, j'étais fou de joie et de bonheur à l'idée que j'allais bientôt retrouver "Mon" Mike pour toujours. J'avais la curieuse sensation de flotter sur un nuage, c'était comme si j'avais des "ailes". Je vous rappelle que j'étais toujours rue des Moineaux et que je travaillais pour la "SABENA" !
Mes derniers jours à Bruxelles, je les avais passés chez maman et papa, qui avaient entre temps déménagé pour la Chaussée de Gand, ou ils avaient repris la Gérance d'un magasain de cafés et de spiritueux. Pour mes parents, j'avais tout simplement été "muté" à Londres, ils ignoraient tout de l'existence de "Mon" Mike.
Enfin, le grand jour arriva. Papa m'avait conduit à l'aéroport avec mes bagages. Je m'embarquai pour Londres, ou j'arrivai en fin de matinée. Je me rappelle qu'il faisait très froid. C'était l'hiver. C'est là, que commença pour de bon, ma vie commune avec Mike. Une vie commune qui durera 44 merveilleuses années. Une vie qui m'a apporté que du bonheur et de l'Amour, toujours avec un "A" majuscule. Aujourd'hui je réalise, sans exagération aucune, que si je suis encore en vie, c'est grâce à "mon" Mike. Dieu seul sait ce que je serais devenu sans lui. Une épave ? Très probablement malade, ou mort, étant donné la vie dissipée que j'avais mené avant de le rencontrer.
Le jour de cette rencontre, était bien à marquer d'une grosse "Pierre Blanche".
Une ère nouvelle avait commencé pour moi, ce 3 décembre 1966
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