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Sixième Chapitre
MA VIE D'ADULTE - LA PÈRIODE LONDONIENNE (1966-1968)
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Me voilà, donc, débarquant à "London Heathrow". Après avoir passé les formalités auprès de "Her Majesty's Immigration Services" et de la Douane, j'ai gagné mon nouveau bureau, afin de me présenter auprès du "Chef d'Escale". Il me souhaita la bienvenue et me présenta à mes nouveaux collègues. La plupart étaient Anglais, à l'exception de lui-même et un autre employé, qui étaient eux des Belges. Je fus très bien accueilli et on me mis de suite à l'aise. Je fus pris en charge par le "Chef de bureau", Peter Beck, qui me fit faire le tour du propriétaire. Après quoi, un collègue, Rick Chaplin, me proposa d'aller prendre un "Nice cup of tea" au "Fortes" tearoom ... tradition oblige.
Après quoi, je me suis rendu avec mes bagages au Centre Ville, et je mis mes bagages en Consigne à Victoria Station. Il était encore tôt, à peu près 13 heures 30. J'avais donc tout le temps pour aller manger quelque chose. Puis comme il faisait froid, je m'étais réfugié dans un cinéma. Cela m'aidera en outre à faire passer le temps en attendant d'aller rencontrer mon Chéri à la sortie de son travail.
Il était employé chez le "Dillons University Bookshop" et finissait sa journée à 17 heures 30.
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(Photo: Mike avec des collègues de chez "Dillons University Bookshop")
Le film n'était pas un "Chef d'Oeuvre" ... Il s'agissait d'un mauvais film de "Science Fiction": The Fantastic Voyage, avec Raquel Welch et Donald Pleasance. Une histoire tirée par les cheveux, mais qui eût le mérite de me faire passer le temps, bien au chaud.
Ce qui m'avait frappé alors, c'est que l'on pouvait fumer dans les cinémas à cette époque, chose qui était interdit à Bruxelles depuis bien longtemps.
Après le film, il était 15 heures 30, par là, je suis allé prendre un café dans un établissement pas loin de Piccadilly Circus en attendant de prendre le "Underground" vers l'endroit que j'avais convenu avec mon Mike ou on se rencontrerait...
Cette dernière heure à attendre ce moment me parut durer toute une éternité ... les minutes se trainaient, se trainaient ...
Enfin, finalement, l'heure arriva ...
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Nous avions convenu, que je l'attendrais à l'entrée de la Station de Metro, "Goodge Street", vers 17 heures 30. J'étais là quelques minutes avant, le coeur battant très fort. Je n'oublierai jamais l'apparition de Mike parmi la foule de cette heure de pointe, se dirigeant vers la station.
Il m'avait déjà aperçu de loin, car il arborait son merveilleux sourire ... "Un véritable Rayon de Soleil" dans cette grisaille de ce jour de décembre. Il avait l'air radieux! Quand il m'eût rejoint on est resté un long moment à se regarder dans les yeux, tout en nous serrant les mains. Pas question de se donner un "bisou" en public, cela ne se faisait pas : "We are British you know". Il faut aussi savoir, qu'à cette époque, au pays de "Her Majesty", l'homosexualité était encore punissable par une peine de prison. Heureusement cette loi fut abolie, quelques mois plus tard en 1967, nous évitant le risque de connaître le triste sort qui fut celui de Oscar Wilde.
Après quoi nous avions pris le "tube" pour West Kensington, plus exactement pour "Gloucester Road", afin de me trouver un "Bed and Breakfast" pour une nuit ou deux, en attendant de trouver un logement permanent pour nous deux. Je ne pouvais pas loger chez Mike à cette occasion, le lit d'appoint n’étant pas disponible: La logeuse de Mike en avait eu besoin. De toutes façons, Mike avait déjà fait ses valises, afin de quitter Gondar Gardens, dès que nous aurions trouvés à nous loger.
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On trouva un "B&B", le "Strathcona Court", sur la Cromwell Road, près de "Earl's Court". Lorsque je fus installé, nous nous sommes restaurés dans un "Golden Egg", une chaine de fast food à la mode à cette époque. Nous avions tous les deux commandés un "Mixed Grill" et un "Pot of Tea", car il n'était pas question de boire du vin dans ces établissements là. Pour cela il fallait aller dans un "posh" (chic) restaurant, ce qui était exclu pour le moment, nos finances ne le permettant pas. Nous avions quand même bien mangé, la nourriture était acceptable. Et puis le fait que j'étais avec mon Chéri, ce "Golden Egg" me parut comme un restaurant très "exclusif".
Ensuite nous sommes allé prendre un verre dans un "Gay Pub" sur Earl's Court road. Aucun rapport avec les "bars" bruxellois. Il s'agissait d'un pub semblable à tous les autres à Londres, mais qui certains soirs, était "Gay friendly", c.à.d. réservé exclusivement à une clientèle masculine. Le genre d'endroit où l'on allait pour boire un verre entre amis, discuter le coup ou jouer aux flèchettes. Le tout "très civilised" : "No sex please, we're British" ! Le sexe n'avait sa place qu'en "privé", étant donné les lois en cours, et la bienséance, bien entendu. Donc la retenue était la norme, ce qui faisait notre affaire, Mike étant la discrétion même. (Chose qui commençait à déteindre sur moi, d'ailleurs)
Bien au chaud, devant un verre, nous avions beaucoup parlé et fait de projets pour notre avenir à deux. Nous avions décidé, que dès le lendemain, nous partirions à la recherche d'un logement qui nous conviendrait, non loin d'une Station de Métro. Pour Mike, direction Goodge Street, pour moi, direction Hounslow et l'Aéroport de Heathrow.
Nous nous sommes finalement quittés vers 23 heures 30, Mike vers son flat, moi vers mon B&B. Nous étions fort fatigués, cette journée pleine d'émotions et de joies, nous avaient éreintés. En tous cas j'étais content de retrouver ma chambre et le lit confortable.
Mais il était écrit que ma nuit ne serait pas paisible. Vers 3 heures du matin, on frappa violemment à la porte de ma chambre. J'allais ouvrir, et je me trouvais nez-à-nez avec deux policiers. Ils demandèrent à voir mes papiers et ils voulaient examiner le contenu de la garde-robe. Il virent mon uniforme de la "SABENA" et il fallut leur expliquer ce que c'était. Après m'avoir posé quelques questions, ils partirent, tout en s'excusant du dérangement et en me souhaitant une bonne nuit. Ce que j'avais trouvé assez "culotté" après m'avoir réveillé ainsi en sursaut.
Le lendemain, au petit déjeuner, j'avais cherché à savoir ce qui s'était passé, pour que l'on m'avait réveillé ainsi. Apparemment, il y avait eu un meurtre dans une maison un peu plus loin dans la rue, et quelqu'un avait donné l'adresse du B&B ainsi qu'un numéro de chambre: la mienne !
Comme début de ma vie londonienne on ne pouvait faire mieux !
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Peu après avoir déjeuné, Mike arriva et nous partîmes immédiatement à la recherche d'un logement. Mike avait obtenu quelques jours de congé, donc nous avions un peu de temps devant nous. Il avait acheté un journal spécialisé dans les petites annonces, le "Daltons Weekly", dans lequel nous avions déjà repéré plusieurs adresses susceptibles de nous convenir. Nous avions visité plusieurs logements, mais soit les communications n'étaient pas bonnes, soit ils étaient trop chers pour notre bourse.
Puis, en début d'après-midi, nous avions trouvé un flat meublé qui nous convenait parfaitement, au 14, King's Avenue à Ealing. La station de Métro, "Ealing Broadway" était à deux pas et le prix de la location était dans nos cordes., Le flat, au Rez-de-Chaussée, était spacieux et nous avait séduit immédiatement. Il se composait d'une grande chambre (avec une "loggia") meublé de deux lits d'une personne, un dressoir et une armoire "bureau/bibliothèque". Il y avait aussi un canapé "trois places" et un fauteuil assorti et un meuble "Radio/Pick-up". La deuxième pièce, en "L" était assez grande également. C'était la cuisine, équipée d'armoires basses, un évier, une cuisinière électrique et un frigo. L'eau chaude était fournie par un "chauffe-eau" au gaz. L'autre bras du "L" était le coin à dîner, avec une table, quatre chaises, un petit vaisselier et dans un réduit il y avait une garde-robe. La salle de bains/WC était située entre les deux pièces. Et puis, il y avait un grand jardin, ce qui séduit Mike. Je ne savais pas alors qu'il adorait jardiner.
Le loyer fut très raisonnable pour Londres. Seulement 10 Guineas (soit £ 10 et 1 shilling) par semaine. Avec nos deux salaires réunis, c'était très faisable. On marqua donc l'accord avec notre nouveau propriétaire, Mr Gumbiner (il se faisait appeler, Mr. Gee). Pour sceller le contrat de location, il nous invita dans un "Coffee Bar" sur la Uxbridge Road, afin de signer les documents de location devant une bonne tasse de (vrai) café et un "Doughnut".
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Une fois ces formalités terminées, nous avions pris possession des clés. Afin de ne pas perdre de temps, nous avions sautés dans un taxi, une de ces célèbres taxis noirs (Black Cabs), pour aller chercher les affaires de Mike. Puis en passant, les miennes, à la consigne et celles qui se trouvaient encore au "B&B". Le même soir, nous étions installés dans notre nouveau "nid".
Notre vie commune commençait enfin. Nous étions pleins d'espoirs pour un avenir heureux ! Nous nous étions "jurés" que nous allions tout faire pour que cela devienne une réussite.
Bien entendu, nous n'avions aucune idée quel serait la durée de notre vie à deux. Tant de choses pouvaient se produire. Mais il fallait bien se mettre à l'évidence: Tout débuta sous d'excellents auspices.
Nous eûmes tôt fait de faire la connaissance des autres occupants de la maison.. Le propriétaire n'habitait pas les lieux, mais un des locataires, Mr. Dennis Warren, faisait office d'homme de confiance tenait pour les choses un peu à l'oeil.
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(Photo: La maison de "Kings Avenue à Londres (Ealing), notre appartement se trouve au Rez-de-Chaussée avec la loggia.)
La maison était une ancienne maison uni-familiale, datant de la fin de l'époque "Victorienne" ou le début de l'ère Edwardienne, début du 20e Siècle. Très spacieuse, il y avait un grand Hall dans lequel donnaient toutes les pièces du Rez-de-Chaussée. Notre flat était celui de gauche. Celui de droite était occupé par "Buzz", un étudiant de Nationalité Canadienne qu'il partageait avec Mark, un anglais. Ils avaient à peu de chose près l'âge de Mike. C'est seulement plus tard que nous avions appris qu'ils étaient "Gays" eux aussi.
Au premier étage il y avait un jeune couple, John et Lesley, qui étaient sur le point de se marier. De l'autre côté du palier, il y avait, Mr. Mitchell, un enseignant retraîté, quelque peu acariâtre. Et tout en haut, le locataire principal, Mr. Warren, qui partageait son flat avec Lynette Silver. Elle travaillait pour la "BOAC" ... une collègue en quelque sorte.
Voilà a quoi ressemblait la "maisonnée". Tous étaient très sympathiques et on s'entendait à merveille. C'était en quelque sorte une grande famille. Mr. Mitchell, quand à lui, il se tenait plutôt à l'écart.
Mr; Gee, le proprio, nous avait donné son accord pour qu'on re-décore le flat à notre goût. Mous avions, Mike et moi, acheté du papier peint, des nouveaux rideaux et de la peinture... Nous nous sommes mis au travail, après les heures de bureau, et bientôt les lieux furent remis à neuf et à notre goût. Nous avions réarrangé un peu la disposition des meubles et nous nous sentions véritablement "Chez nous" dans notre petit "nid"
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Cet hiver là, il avait fait particulièrement froid. Pour tout chauffage, il n'y avait qu'un radiateur électrique, dans la cheminée. Un seul des deux éléments fonctionnait encore, l'autre avait rendu l'âme. Quand on se mettait devant, on "grillait" par devant et on se gelait les fesses par derrière. Il fallait trouver une solution. Nous avions donc demandé au propriétaire qu'il nous donne l'autorisation de faire installer un convecteur au gaz. A nos frais bien sûr; Au début il était assez réticent, il avait peur pour les accidents, ou d'un suicide .. une phobie. "Il y à des gens qui se suicident au gaz, vous savez" disait-il. Sur quoi Mike rétorqua, qu'on avait pas nécessairement besoin de gaz pour cela. Il y a le gaz dans la cuisine pour le chauffe-eau.L'argument de Mr. Gee ne tenait donc pas la route. Finalement il éclata de rire : " Je suis vaincu ! Je ne puis pas argumenter avec cela" admit-il. Et il donna son accord.
Nous nous sommes rendus au "Showroom" de la "North Thames Gas Board", la compagnie du gaz, pour y choisir notre convecteur. C'était notre tout premier achat conséquent, et ce fût là une acquisition d'excellente qualité. (Je possède d'ailleurs toujours cet appareil et il est toujours en état de fonctionner) ; Deux jour plus tard, le gazier est venu installer l'appareil. Autant dire que cet hiver-là, nous n'avions plus souffert du froid. Ni les suivants d'ailleurs. Notre premier Noël ensemble, nous l'avions passé, blotti dans les bras de l'un l'autre, devant le nouvel appareil de chauffage, qui diffusait une chaleur douce et agréable, et un lumière rougeoyante. Comme c’était "Cosy"! Quel bonheur !
Nous étions heureux ! Notre premier rêve s'était réalisé: Celui d'être ensemble, de partager nos vies. C'est alors que je me suis réalisé, que l'être humain n'est pas fait pour vivre seul. Qu'il soit "homo" ou "hétéro" !
Côté travail, tout allait pour le mieux . Le boulot me plaisait, les collègues étaient sympas. J'avais tout de suite été accepté parmi eux.
Côté maison, Mike était plus "aimant" que jamais, nous étions inséparables, c'était tout simplement merveilleux.
Mais, oui il y avait un "mais", j'avais un manque. Ce manque qui frappe beaucoup de belges expatriés: Celui d'une bonne "Jatte de Café". A Londres on ne connaissait que le café soluble, le "Nescafé", ou similaire. Au plus profond de la jungle Birmane, où sur une banquise de l'antarctique, j'aurais peut-être apprécié une tasse café soluble, mais là je trouvais cela imbuvable. La "Cup of Tea", c'était OK, mais je désirais quand-même autre chose de temps à autre. Aussi, lors de la première visite que je fis à maman et papa à Bruxelles, j'avais fait l'acquisition d'une cafetière (que je possède toujours .. je vais finir par faire croire que je suis tant soit peu conservateur), et du café moulu de chez "Delrio" et des filtres "Mélitta" en papier. Lorsque je fis la première cafetière de café, chez nous, à Ealing, cela fit sensation parmi le habitants de la maison. Surtout Lynette: A chaque fois que j'en faisais, elle descendait, attirée par l'arôme du café fraîchement passé et dont le parfum se répandait dans toute la maison. Bien sûr, je ne lui refusait pas une "Jatte" !
Mon travail à l'Aéroport, voulait que je devais travailler en heures décalées. Quand je faisais le "Soir" (de 18 heures à 4 heures du matin) cela posait d'insolubles problèmes de transport. Par chance, un de mes collègues, Rick Chaplin, possèdait un scooter "Lambretta", qu'il voulait vendre à un bon prix. L'engin était en excellent état et je l'achetai donc. Problème de transport: Résolu !
Comme nous étions toujours en hiver, quand je rentrais aux petites heures, j'étais glacé jusqu'au os. Je pris alors un "malin" plaisir à me glisser sous les draps, et de me blottir tout contre mon Mike. Qu'est-ce qu'il à dû me maudire ces moments-là; mais non, il m'embrassait, m'entourait de ses bras en me serrant tout contre lui, pour me réchauffer. Que c'était bon ! Jamais, au grand jamais, il n'a fait la moindre remarque.
Il était comme ça, mon Mike !!!
Bon revenons un peu en arrière. L'année 1966 toucha à sa fin, et 1967 s'annonçait sous d'excellents auspices. Le travail me plaisait donc, sauf peut-être ces satanés horaires irréguliers, qui m'empêchaient d'être avec Mike autant que je le désirais. Mike, lui, avait des horaires stables. Ainsi lorsqu'il partit au travail le matin,moi je dormais. Et quand il rentrait le soir, j'étais parti, ou sur le point de partir. Heureusement que mes horaires se faisaient en "tournante" avec les collègues. Donc cela n'arrivait en général qu'une semaine sur quatre. C'était pareil pour les week-ends.
Côté amours, tout était parfaît, on avait constamment besoin de l'un de l'autre. Mike était tout "câlins et douceur", ce qui n'était pas fait pour me déplaire, bien au contraire. Je ne m'en suis jamais lassé. C'était exactement dont j'avais toujours rêvé, et comme j'imaginais la vie de couple. Nous étions parfaits ensemble. On dit souvent que l'amour grandit avec le temps et c'était certainement vrai dans notre cas.
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(Photo: Votre serviteur dans notre jardin)
Entre-temps le printemps était arrivé et nous commencions à penser au jardin. Mike débuta avec les plates bandes, tandis que moi, j'entrepris de tailler un rosier sarmenteux, qui rendait le passage difficile et hasardeux. Le fond du jardin était une véritable "jungle". Je taillas donc ce rosier sévèrement, et le bois mis en tas. Puis c'était le tour au gazon, qui n'en avait plus que le nom. Je bêchais toute la parcelle, je l'égalisai et je le réensemençai. Une petite anecdote amusante: Pendant tout le temps que prit le bêchage, j'avais la compagnie d'un "Rouge-gorge", qui examinait la terre retournée en quête d'un insecte ou l'autre à se mettre sous la "dent" (ou devrais-je dire le "bec"). Il ne fallut pas longtemps pour que l'herbe levât. Pour l'été le gazon était à nouveau praticable et on pouvait passer la tondeuse sans danger de l’abîmer.
Nous avons même essayé de faire pousser des légumes, mais ce fut un fiasco. La seule chose qui voulut bien pousser fut du cerfeuil. Cette plante de la famille des Opiacées (ombellifères) était inconnue en Angleterre (tout comme les chicons d'ailleurs). J'avais ramené un paquet se semences de Belgique, et il avait tôt fait de germer. Imaginez un peu la tête de Mike, lorsqu'il goûta pour la première fois un potage au cerfeuil. Il en fut vite "Fan": Il adorait ça. Tout comme les chicons au gratin d'ailleurs. Parfois il était possible d'en trouver dans les magasins spécialisés en légumes "exotiques".
A chaque fois que l'occasion se présentait, Mike m'emmenait visiter Londres et les environs. Un de ces endroits préférés était "Hampstead Heath", ce gigantesque espace vert de 320 hectares surplombant le nord de Londres. Avec ces concerts de Musique Classique en plein air. L'orchestre était installe d'un côté du lac, sous une énorme coquille en béton (bowl). Le public était assis à même l'herbe, de l'autre côté de l'eau. L'acoustique était fabuleuse. C'était un endroit magnifique où il faisait bon se promener sous le frondaisons des arbres centenaires.
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Nous avions un ami, Neville, une espèce d'artiste quelque peu "excentrique". Il était créateur de décors de théâtre pour le compte de la "BBC tv". Un garçon charmant, qui avait un sens de l'humour absolument délicieux. Il est mort il y'à un peu plus d'un an, maintenant.
Il y avait aussi un couple gay, Peter et Russell. Eux aussi étaient super sympas. Ils habitaient un superbe appartement dans "Mayfair", un quartier très chic de Londres. Ils collectionnaient des antiquités, surtout de l'argenterie et du cristal. Il y avait aussi quelque tableaux anciens. Ils possédaient en outre une superbe "Jaguar".
Peter était alors employé chez "Selfridges" un Grand Magasin haut de gamme du type "Harrods", dans Oxford street..
Russell, lui, était chimiste travaillant dans l'industrie alimentaire, chez "Walls" (en Belgique cette firme s'appelait "Ola")
Ils n'ont pas eu beaucoup de chance: Leur appartement avait été cambriolé à plusieurs reprises. Je suis toujours en contact avec Peter. Russell quant à lui, est mort quelques années plus tard. (suicide)
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(Photos ci-dessous: Photos de Mike, écharpe flottant au vent, à Canterbury, Noël 1967, où nous avions été invités chez sa soeur... Cette écharpe aussi, je l'ai gardée ...)
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L'été se passa gentiment, sans évènements notables. Nous nous aimions et nous étions heureux. C'est ce qui comptait en définitive. Nous étions toujours éperdument amoureux de l'un, l'autre.
En novembre, pour le "Guy Fawkes Day", nous avions organisé, avec l'aide de nos voisins qui occupaient le flat de l'autre côté du "Hall d'entrée" une "Party" ... Il y avait un monde fou. C'est à ce moment que nous avions réalisés que Buzz et Mark, étaient eux aussi gays. ... Ils avaient bien caché leur jeu. Nous aussi d'ailleurs, car eux non plus n'avaient pas réalisés que nous étions "comme eux".
Guy Fawkes day est une tradition en Angleterre. Ce jour là, l'on commémore le fait que le 5 novembre 1605, un complot pour faire sauter le "Parlement" avait été déjoué. Ce jour tout le monde font des "feux de joie" on tire des "feux d'artifice" et l'on boit et l'on danse à coeur joie. Nous aussi, et on avait organise un "feu de joie" au fond du jardin. Ce fut une belle partie de plaisir. Tous s'étaient bien amusé; mais le lendemain ... quel boulot pour tout nettoyer et tout remettre en ordre. Mais nous en avions gardés un excellent souvenir.
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Pour les fêtes de fin d'année 1967, nous avions été invités à les passer chez la soeur de Mike. J'allais faire la connaissance de Peggy et de son mari, Frank. Ils avaient un fils unique, Garry et un chien, un Berger Alsacien.
Nous avions pris le train, et nous débarquâmes chez eux, à Chilham, un joli village pas loin de Cantorbéry. Je fus accueilli comme quelqu'un de la famille. Nous avons passé un Noël traditionnel à l'Anglaise: Agréable et convivial ... Pour le dîner il y avait la dinde traditionnelle, agrémenté de choux de Bruxelles, de carottes, de panais et des pommes de terre rôties ... Bien sûr il y avait la sauce aux airelles ... Ce fut là mon premier Noël en famille. (Le précédent (1966) avait été passé calmement à Ealing, rien que nous deux, en amoureux)
Le lendemain, "Boxing Day", nous nous sommes rendus chez le maman et le papa de Mike, à Wrotham où étaient ouvriers agricoles qui logeaient dans la ferme.
La aussi je fus accueilli chaleureusement, comme un membre de la famille. J'ai oublié de dire que mon Mike était issu d'une famille très modeste.
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Le jour de l'An, il avait beaucoup neigé. Je n'avais jamais vu autant de neige !. Notre rue était impraticable avec une couche de plus de 40 cm. Heureusement, j'étais en congé pour les fêtes. Le scooter n'aurait jamais pu passer par là. Le surlendemain les routes étaient dégagées. Quelques semaines plus tard, en revenant de l'aéroport, j'eus un accident. Je roulais, à du 60 à l'heure, lorsque le pneu avant du scooter éclata. Comme les roues sont très petites, je perdis l'équilibre et je tombai sur la chaussée, coincé sous le scooter. C'était l'heure de pointe, les voitures passaient a toute vitesse de part et d'autre de moi : je croyais ma dernière heure venue. Vu la densité du trafic, j'étais sûr qu'une voiture allait me passer dessus. Fort heureusement, un automobiliste s'est arrêté pour venir à mon secours. Il m'a relevé et installé dans son véhiculee. Après avoir rangé le scooter sur le bord de la route, il m'a conduit a l'hôpital. J'étais blessé au genou gauche et cela saignait beaucoup. Mon pantalon était déchiré au niveau du genou. On me soigna et on me fit une injection contre le tétanos. J'eus des difficultés a marcher durant plusieurs semaines. Encore aujourd'hui j'ai par moment encore des douleurs à ce genou. Inutile de dire que Mike, m'interdit d'encore enfourcher ce maudit scooter. Nous l'avions laissé là ou le brave homme qui était venu à mon secours l'avait garé, au bord de la route. Je n'ai finalement jamais passé mon permis de conduire. C'est aussi qu'a cette époque, Mike et moi, après de mûres réflexions, avions pris la décision d'aller vivre à Bruxelles. La vie à Londres était tellement chère, qu'on arrivait pas à faire des économies. A Bruxelles la vie était nettement moins chère et on y gagnait mieux sa vie à l'époque. Je demandais donc ma réaffectation a la "SABENA" à Bruxelles, mais cela me fut refusé. Je donnai donc ma démission et je cherchai du travail ailleurs. J'en trouvai très rapidement auprès de la "Pan American" comme agent de comptoir. Je devais prendre mon poste en juin. Mike n'avait pas encore trouvé de travail, mais ce ne serait qu'une question de semaines, pensions nous. Donc en attendant, il continuerait à travailler chez "Dillon's". Entretemps, nos voisins du premier étage, John et Leslie, s'étaient mariés et vivaient dans un grand appartement a Kensington. Ils avaient offert leur chambre d'amis à Mike en attendant son départ pour Bruxelles, ce qui était très chic de leur part. Sachant Mike "casé", je partis donc seul pour Bruxelles, mais j'avais le coeur gros ! C'était la première fois, depuis que nous vivions ensemble, que Mike et moi, devions nous séparer pour une aussi longue période. Aussi le départ ne se fit pas sans verser quelques larmes. On se promit de s'appeler au téléphone tous les soirs !
Plus d'un mois, sans mon Mike, c'était long ! Beaucoup trop long !!!
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