L' histoire de la vie d'un couple "Gay"
  
   Introduction
   Préface
   Premier Chapitre
   Deuxième Chapitre
   Troisième Chapitre
   Quatrième Chapitre
   Cinquième Chapitre
   Sixième Chapitre
   Septième Chapitre
   Huitième Chapitre
   Neuvième Chapitre
   Dixième Chapitre
   Onzième Chapitre
   Douzième Chapitre
   Treizième Chapitre
   Quatorzième Chapitre
   Quinzième Chapitre
   Seizième Chapitre
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   L'Amour et sa vérité
   Une Prière
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Dixième Chapitre

MA VIE D'ADULTE -
LE LENT CHEMINEMENT VERS LA CATASTROPHE


A notre grand soulagement, mon chéri était, heureusement, tiré d'affaire. Un vrai "Miracle". Quel bonheur! Après quelques semaines de convalescence, Mike reprit son travail à l' "American Club". Il avait été convenu que pendant quelque temps il travaillerait depuis notre maison. Son "PC" et quelques documents et dossiers indispensables avaient été transférés chez nous, ainsi que le téléphone du club. Cette situation allait durer jusqu'en 2008.

Nous avions recommencer à faire des projets. Cependant, nous avions décidé d'attendre encore un peu avant de rouvrir le B&B. Après toutes ces émotions, nous avions bien mérités un peu de repos, il nous semblait. Nous allions donc ralentir un peu. Nous allions nous offrir un peu de bon temps. Côté amours, les ardeurs revenaient tout doucement, mais nous étions devenus beaucoup plus "sages". Mais nous nous aimions plus que jamais, surtout après ce que nous avions vécu. Nous nous étions rendus compte que la vie est finalement, oh combien, fragile ... Et que nous avions le grand bonheur d'être, toujours, ensemble.

Mike et moi, avions décidé que, si nous étions toujours là, tous les deux, c'est que le Bon Dieu, depuis là-haut, veillait sur nous.


(Photo:  Mike faisant des mots croisés durant de courtes vacances a Escalles (Cap Blanc-Nez)


Mike était croyant, tout comme moi, mais à notre façon. Nous n'étions pas très pratiquants, ce qui ne nous empêchait nullement d'entrer dans une église, quand l'envie nous prenait. Tout simplement pour nous y recueillir. Nous ne prions jamais ensemble, à haute voix, s'entend. Nous avons toujours prié en silence, chacun de notre côté. La seule prière que qu'on se disait à haute voix, était: "God Bless You" ! (Que Dieu te Bénisse)

Nous n'attachions pas d'importance dans quelle église nous entrions: Catholique, Protestante, Anglicane ... c'était égal. Nous étions des Chrétiens, Mike "Anglican", moi "Catholique", et à ce titre, n'importe quelle l'église faisait l'affaire. C'était toujours "la Maison de Dieu" pour nous.

Cette année là, en 2006, nous sommes allés visiter des amis à Caylus, dans le Sud-Ouest de la France, chez Stewart et Lara, qui possédaient un maison de vacances làbas. Stewart était le Pasteur de la "Church of Scotland" (presbytérienne) de Bruxelles, St. Andrews, sur la Chaussée de Vleurgat, à l'époque. 

Ils nous avaient invités a venir passer une semaine de vacances chez eux. Nous y sommes allés par le train, l'Auto-Couchettes" pour Toulouse au départ de Denderleeuw. Nous avions mis notre petite "Punto" sur le train, et nous avions voyagé en "Voiture Lits" dans un compartiment "T2" ... Nous préférions cela à un compartiment "Couchettes", pour six personnes ...  Le voyage fut des plus confortables, le préposé de la "Compagnie de Wagons Lits" était plein d'attentions. Il nous avait servi le café durant la soirée et nous avions parlé un peu. Le lendemain il nous avait réveillé avec du café. Nous étions frais et dispos à notre arrivée à Toulouse. Le petit déjeuner fut servi au buffet de la Gare de la ville Rose... Après avoir mangé, il était temps d'aller débarquer notre "Punto". Ensuite nous prîmes la route our Caylus. Nous avons traversé de superbes paysages. C'est vraiment un beau coin de France. Mike emmagasina le moindre détail. L'accueil chez nos amis était très chaleureuse, ils nous ont fait visiter la région. Rocamadour nous avait laissé une impression inoubliable. C'était superbe. Cette semaine de vacances passa en coup de vent.

(Photos ci-dessous: Mike qui, adorait la mer, au bord de la Manche, au "Cap Gris-Nez")


Ce voyage fut en quelque sorte une seconde "lune de miel". Nous étions plus amoureux que jamais. Tout était de nouveau au "beau fixe". Nous songions à rouvrir le "B&B" au printemps de 2007.  Les examens que Mike devait passer périodiquement, confirmait la "Rémission Complète" de son "Myélome.


Plus tard dans l'année je dus subir une opération au genou gauche. Il fallait m'enlever un ménisque. L'opération, quoique étant une "micro chirurgie", nécessitait quand-même une anesthésie complète. L'opération à duré près d'une heure.

Lorsque je me suis réveillé une heure après l'opération, dans la salle de réanimation, quand j'avais ouvert les yeux la première chose que je vis, c'était le beau sourire de mon Mike chéri. Il était assis près de moi, en tenant ma main gauche et il me regardait dans les yeux... Il me posa un baiser sur les lèvres, et me dit qu'il m'aimait et qu'il était heureux que l'opération c'était bien déroulé, sans complications. Il y à toujours un risque avec les anesthésies complètes.

Ce fut comme si je voyais un ange, (c'était un ange, MON ange)... j'étais au "paradis".

La vie nous souriait à nouveau, enfin nous le pensions, parce que une mauvaise nouvelle allait bientôt assombrir nos vies ...

(Photo: Mike jouant sur son piano ... il avait appris à jouer tout seul. J'aimais l'écouter, il jouais pas mal du tout)


En automne 2006, lors d'un examen de routine, on avait découvert un "nouveau" cancer. Cette fois-ci, il s'agissait d'un cancer du poumon droit. La tumeur c'était rapidement développée, et le "Chirurgien" opta pour l'ablation de 2/3 du poumon. Aussitôt dit, aussitôt fait, car il ne fallait pas traîner, vu la rapidité avec laquelle la tumeur s'était développée. Puis une courte mais "forte" chimio, et Mike fut déclaré en "Rémission"

Bien entendu pas question de rouvrir le "B&B" pour l'instant, il ne fallait quand-même pas jouer avec le feu. Mike reprit des force assez rapidement. Quoique après l'opération et la chimio, la "libido" de Mike en avait pris un sérieux coup. Bien entendu cela ne me dérangeait pas du tout, (à dire vrai, la mienne n'était plus comme elle était, non plus, nous n'avions plus 20 ans) le principal c'était que nous étions toujours ensemble et que nous nous aimions toujours énormément.

C'est cela qui était important, en définitive !

(Photo:  Nous durant nos vacances en Sicile - juin 2008)


En juin 2007, nous avions pris de courtes vacances en Provence, pour visiter des amies qui habitaient à "La Gaude" dans le Var.  Ce fut assez fatigant pour Mike, mais cela se passa bien quand-même. Nous avions pris le "TGV" jusqu’à Nice. Ensuite nous avions loué une voiture, une petite "Peugeot". Nous avons passé d'agréables moments avec Pascale et Elodie. Mais nous étions quand-même contents de rentrer chez nous ... "Home, Sweet Home" !

Puis au début de l'hiver on nous annonça que mon Mike avait fait une rechute. Il y avait des "métastases" sur les ganglions, dont une "coincée" sur l'aorte, donc inopérable. On prescrit donc une "Super chimio", une série de 6 séances de deux. Cela eût l'effet escompté. Les tumeurs c'étaient résorbées. Nouvelle rémission. A nouveau, on pouvait respirer !

De nouveau Mike reprit des forces, mais plus lentement qu'au par avant ... Enfin, les problèmes de santé paraissaient à nouveau dans le passé. 

En juin 2008, nous avions décidé de partir en "voyage organisé" en Sicile avec la Mutuelle. Nous avions toujours rêvé de visiter cette île.  Nous prirent l'avion jusqu'à Catane et on nous installa dans notre Hôtel à Taormina. Ce fut un beau et intéressant voyage, mais très fatigant, surtout pour mon chéri. Il s'agissait d'un "Circuit", ce qui venait à dire, qu'on dormait dans un hôtel différent, chaque nuit. Ce n'avait finalement pas été un choix très judicieux.
Mais Mike ne c'était jamais plaint de la fatigue. Il profitait de tout, les paysages, la nourriture et ... les oranges ! Ce qu'elles étaient bonnes.

Mike avait même commencé a monter au sommet d'un des cratères éteints de l'Etna, mais il y renonça à cause du vent ( je pense plutôt parce qu'il était à court d'haleine, le pauvre).


(Photos ci-dessous :  A gauche Mike dans le théatre Greco-Romain de Taormina et à droite devant un temple Grec à Agrigente.  Ce fut le dernier "grand" voyage que nous avions entrepris, nous deux.) 


 

(Photos ci-dessus: Mike bravant le vent tout en en se préparant pour monter au sommet d'un des cratères (éteintes) de l'Etna)

La fin de l'année se passa tranquillement et 2009 s'annonçait bien. Mike allait de nouveau bien, c'était là le principal. En juin nous sonnes allés passer quelques jours au "Cap Blanc-Nez" en compagnie de Baudoin et Hennou.
Mike avait un petit faible pour cette région de France, et nous y sommes allés à plusieurs reprises.

(Photo:  Nous sommes heureux  - et cela se voit !)


Nous sommes descendus en "Chambres d'hôtes" que Baudoin avait réservées. Cet fut un belle et chouette semaine, sans anicroches, si ce n'est que trop courte... Un temps superbe, ce qui ne gâtait rien.  Nos amis, comme toujours, étaient de bonne compagnie. Nous avions d'ailleurs décidé de remettre cela à l'occasion.

En septembre, Mike et moi avions décidés d'y retourner, mais cette fois-ci en compagnie de Peggy, David et Penny. Nous avions réservés des chambres dans une ferme, pas loin du "Cap Gris-Nez" au "Haringzelle"

Le séjour se passa bien, mon Mike était dans une forme superbe. ... Jusqu'au jour où il rata une marche de l'escalier du "perron" de la ferme. Le pauvre s'étala de tout son long sur le gravier devant l'entrée. Je crois qu'il à dû se faire très mal, mais comme de par son habitude, Mike ne se plaignit pas.

Par la suite, de retour à Bruxelles, Mike me dit qu'il avait toujours mal dans le dos et dans les côtes (Mes "cottes" comme il disait) On alla voir le Médecin, qui fit faire de radiographies, mais qui ne révélèrent rien de spécial. Le médecin en conclut que s'étaient des contusions qui le faisaient souffrir, et que cela finirait par passer.

(Photo: Mike faisant la sieste, avec son chat "Sweetie Pie" sur la poitrine)


Cependant, Mike recommençait à donner de plus en plus de signes de fatigue. Il était fréquemment à court d'haleine. Nous approchions de la Noël, et les douleurs dans les côtes étaient toujours là. Aussi nous décidions que nous passerions les fêtes de fin d'année, calmement, à deux, chez nous. Cela nous avait fait beaucoup de bien, de se retrouver calmement chez soi. En février 2010, on fit refaire des tests à l'occasion d'un contrôle de routine. On lui fit aussi un "PET scan" ... nouveau coup de tonnerre. Une nouvelle rechute, d'autres ganglion métastasés.

Les "oncologues" décidèrent pour une nouvelle série de "chimiothérapie". Les résultats précédents avaient étés tellement bons la dernière fois. On était fin février, début mars, je ne me rappelle pas très bien ... 

(Photo: La façade arrière de la maison quelques jours avant notre départ pour Wissant - les travaux viennent d'être terminées)


C'était a la même époque que nous avions décidé de faire isoler la façade arrière de la maison, et de faire placer un "bardage" ... On avait décidé de faire cela après la "chimio", à la fin de l'été. On nous avait un "devis" très raisonnable. 

Puis Mike décida alors, qu'on attendrait pas, et que les travaux devaient commencer sans tarder. (Avait-il eu un pressentiment ?) Aussitôt dit, aussitôt fait. Les travaux prirent quelque 4 à 5 semaines, et s'achevèrent fin mai. Les ouvriers avaient fait du beau travail, l'aspect de notre maison avait complètement changé. Mike fut très satisfait et content. On s'était félicité de ne pas avoir attendu, ainsi le "B&B" pourrait rouvrir plus vite. 
Nous avions crée un nouveau "site internet" et avions adhéré à un nouveau centre de réservations. De cette façon nous serions prêts, aussitôt que Mike serait rétabli.


Il faut que je mentionne quand-même, que depuis quelques jours, à plusieurs reprises, au petit déjeuner, Mike qui était toujours assis en face de moi, m'avait saisi la main et regardé dans les yeux, tout en disant: 

"We have been very lucky, the two of us. I love you !"

 (Nous avons eu beaucoup de chance tous les deux - Je t'aime !) 


Cela s'était répété plusieurs jours de suite.

Le fait qu'il me prenait la main, n'était pas nouveau, cela il l'avait toujours fait, mais c'est les paroles qu'il prononça qui étaient nouveau ... Il me disait très souvent qu'il m'aimait, mais le fait qu'on avait eu de la chance était nouveau. Il me l'a dit aussi le jour de notre départ pour Wissant... (avait il eu un pressentiment ?)


Pour fêter la fin des travaux, Mike avait réservé un petit hôtel à Wissant et il avait invité David et Penny venir nous y rejoindre. Quelques jours avant notre départ, Mike avait eu sa première séance de "chimio", qui avait été très lourde à supporter. Mike était extrêment fatigué, il dormait beaucoup. On se disait que quelques jours à Wissant ou l'air vivifiant de la mer lui ferait le plus grand bien.

Le 7 juin, nous nous mirent en route dans notre petite "Punto" et nous sommes arrivés à l'hôtel vers 14 heures. David et Penny étaient déjà arrivés. Après l'installation dans nos chambres, nous sommes descendus sur la "terrasse", pour aller boire un verre. Mike, décida, qu'il avait toujours eu envie de goûter à la biere locale, la "Pelforth", et il en commanda une. David prit une "Leffe", tandis que Penny et moi, nous avions commandé un eau minérale. Mike commenta, qu'après tout la "Pelforth" n'était pas extraordinaire, du "pipi" de chat.

Il faisait très beau, et nous décidiames d'aller faire un tour dans Wissant. Mike, quand a lui, se sentant un peu fatigué décida d'aller faire la "sieste".

A notre retour nous avions trouvé Mike, avec son livre, installé sur la terrasse, à nous attendre. On prit l'apéritif, pendant que nous décidions où nous allions aller manger. Mike se rappellait d'un bon restaurant, le "Charlemagne", ou nous avions mangé lors d'un passage précédent à Wissant. Ils avaient un belle "carte" et la cuisine était bonne. Mike, qui avait toujours eu un "petit" appétit avait choisi la "bavette de boeuf à la Flamande" avec des frites. Les autres et moi-même, avions pris une entrée et le plat du jour.

Mike ne mangea pas beaucoup, il n'avait pas d'appétit en se sentit soudainement très fatigué. Nous sommes donc rentrés à l'hôtel et nous nous sommes couchés tôt. La nuit se passa paisiblement. Le lendemain nous étions reposés des fatigues de la veille. Mike m'avait la réflexion, que ses douleurs dans ses "cottes" avaient disparues. Il en était tout heureux. Il m'avait dit, "c'est le premier pas vers ma guérison" !.....

Nous sommes descendus pour aller prendre le petit déjeuner, qui avait l'air délicieux. C'était un "buffet" avec des céréales, des petits pains et un choix de jambon et de fromages. Mike prit un yaourt, mais il ne le termina pas. Il avait eu subitement des nausées, ce qui était inhabituel pour lui. Mais on n'y attacha pas une grande importance. De toutes façons, cela avait passé assez rapidement. Comme il faisait beau, nous nous sommes installés sur la terrasse une fois le petit déjeuner terminé, afin de décider ce qu'on ferait pour la journée. Nous avions décidé d'aller faire une promenade dans la réserve naturelle toute proche. Mike décida de rester a l'hôtel, sur la terrasse avec son "bouquin". Il ne se sentait pas capable de marcher longtemps, vu ses difficultés respiratoires. Il était toujours très vite à court d'haleine. Je voulus le tenir compagnie, mais il m'avait convaincu d'accompagner son frère et son épouse....

La journée passa à nous promener, David, Penny et moi. Après avoir fait un tour dans la "Réserve Naturelle" nous avions pris un sandwich et un café dans un établissement sur la promenade du bord de mer. Il faisait très beau et chaud. Nous sommes rentrés a l'hôtel vers 15 heures, et nous sommes montés pour nous reposer un peu. Il avait été convenu que pour le dîner ce soir là, on le prendrait a l'hôtel. Mike était couché sur son lit et lisait son livre. Moi, je me suis également couché et j'ai dû m'endormir. Lorsque je me suis réveillé, Mike dormait. Je le réveillai en l'embrassant en lui disant qu'il était temps de descendre, qu'il était déjà 19 heures. Mike me répondit qu'il ne se sentait pas en forme, et qu'il resterait dans la chambre. Il préfèrait dormir. Je me suis assis sur son lit, je l'embrassa sur le front en lui caressant le visage. Puis je suis descendu. Penny et David étaient déjà assis à table. Je les avait informé de la décision de Mike de rester dans la chambre. On à mangé, la cuisine était acceptable, sans plus. Mike, n'avait rien raté de ce côté là. Nous avions parlé de choses et d'autres, et fait des projets pour le lendemain., puis nous sommes montés pour la nuit.

Mike sommeillait. Quand je suis entré dans la chambre il s'est réveillé et me demanda si on avait bien mangé. Je lui décrivis le menu et on parla de choses et autres. Puis après s'être embrassés et avoir souhaîte bonne nuit, sans oublier l'habituel "God Bless You", nous nous sommes endormis.

(Photos ci-dessous: A gauche, Mike examinant une fleur sauvage, il aimait la nature ... A droite, au jardin des "Fleuristes" avec vue sur "Notre Dame de Laeken" en 2009)

Vers trois heures du matin, je me suis réveillé en sursaut. J'avais fait un "Horrible" cauchemar. Je m'en souviendrai pour le restant de ma vie. Dans mon rêve, Mike était attaqué par une espèce de monstre affreux qui avait des griffes acérées. Une espèce de "démon" et qui s'acharnait sur Mike. Moi, je me battais pour l'éloigner de Mike. Le monstre donnait de grands coup de griffes et il y avait du sang partout.  Je me suis réveillé en panique. La lumière du "côté" de Mike était allumée. Mike était dans la salle de bains. Il avait eu un saignement du nez assez important.. Je lui demanda s'il était OK, et si je pouvais faire quelque chose. Il me répondit que le saignement s'était arrêté et qu'il allait revenir se coucher. 

Il s'était recouché depuis quelques minutes, quand subitement il fut pris de violentes crampes au ventre. Il n'eût que le temps de sortir du lit et d'entrer dans la Salle de Bains. Il avait fait une forte diarrhée et un nouveau saignement. Il n'eût même pas le temps de s'asseoir sur la cuvette des WC, le pauvre. C'était épouvantable. Je voulus venir à son secours pour l'aider, mais Mike, dont la pudeur était grande, refusa catégoriquement. Il s'enferma dans la salle de bains.

Quelque temps plus tard, Mike, était revenu se coucher., non sans avoir nettoyé les dégâts dans la salle de bains. Je ne sais pas où il avait encore trouvé la force pour le faire, le pauvre! Mike était complètement épuisé ! Moi, je ne réalisais pas encore la gravité de la situation. Je pensais que cela passerait après une bonne nuit de sommeil, et en y allant "Mollo" ...

Le lendemain, le 9 juin, nous avions quand même pris la décision de rentrer immédiatement à Bruxelles. On paya pour la chambre, après avoir expliqué ce qui s'était passé durant la nuit. Je présentai mes excuses pour l'état dans lequel se trouvait la chambre et la salle de bains. Après avoir informé David et Penny de la situation, nous sommes partis. David et Penny allaient rester à Wissant jusqu'au lendemain, à cause des réservations qu'ils avaient sur le "Shuttle"

Le voyage de retour fût long. Il y avait des embouteillages autour de Dunkerque, suite à des travaux. Nous sommes finalement arrivés à Bruxelles vers 12 h.30 Arrivés à hauteur de Jette, Mike me signifiait qu'il voulait que je le dépose aux "Urgences" de l'hôpital Brugmann, afin qu'on le soigne sans plus  tarder. Il disait toujours: "Ils n'ont qu'à...." (arranger ceci, ... où cela) Je le conduisis donc au Urgences, où il fut pris en charge immédiatement.

Comme nous étions mariés "officiellement", je pouvais rester près de lui dans la salle des soins. On lui fit toutes sortes d'examens, de tests, et il découvrirent que Mike faisait une espèce d'infection. Mais il fallait encore découvrir de quelle nature. Il faisait un forte fièvre, 39.8° C. et il était complètement deshydraté. Suite à la diarrhée, bien sûr. On lui plaça un "Baxter" avec des antibiotiques. Cela avait l'air de faire de l'effet, car d'après l'infirmière, la température commençait à baisser.

Le médecin avait décidé de garder Mike en chambre aux urgences en observation pour la nuit. Et pour faire des tests supplémentaires. Je décidai de rentrer à la maison. Je dis donc au revoir à mon Mike, et je lui donna la bise sur le front. Je lui promis de revenir le lendemain matin et que s'il avait besoin que je lui apporte quelque chose, il devait me téléphoner.  Je suis rentré et après avoir prévenu "Madame Chat", j'ai nourri "Sweetie Pie" et je me suis acheté un cornet de frites en guise de souper. Puis je me suis installé devant la télé pour le Journal télévisé.

Il devait être 20h 30 par là, lorsque le téléphone sonna. C'était l'hôpital. C'est à partir de ce moment que tout notre univers s'écroula, comme un "Château de Cartes". On me demanda qui j'étais par rapport à Mike. Je leur répondis que j'étais son époux. On me demanda si Mike avait de la famille en Belgique. Je répondis que non, mais que son frère était à Wissant jusqu'a jeudi après-midi. On me demanda de l'appeler, afin qu'il se mette en rapport d'urgence avec l'hôpital. Je ne savais toujours pas ce qu'il se passait.

Je leur demandais, ce qui se passait. La nouvelle tomba, que Mike était au plus mal. Qu'il ne passerait probablement pas la nuit! Cela me vint comme une gigantesque gifle dans la figure. Ce n'est pas possible, pas mon Mike, pas mon bel Amour. Il devait il y avoir une erreur ! Mais il n'y avait pas d'erreur, j'étais bel et bien en train de perdre à tout jamais celui qui fut toute ma vie, toute ma raison d'être.

Finalement se fut le médecin, qui parlait l'Anglais, qui téléphona à David à Wissant, pour lui expliquer la situation.

Puis, j'avais téléphoné immédiatement à Nadine et T... et je suis allé dare-dare à l'hôpital. On me fit attendre dans une salle d'attente. Ma soeur, mon beau frère et ma filleule sont arrivés..Puis, le médecin est venu pour nous expliquer ce qui était arrivé.

L'état de Mike s'était soudainement détérioré. Il s'était remis à saigner de plus belle. Impossible d'arrêter les saignements. Les examens supplémentaires avaient révèlé que mon pauvre Mike, n'avait plus de "plaquettes", ni de "Globules Blancs". Son sang ne se coagulait plus et il n'avait plus aucune défense contre les infections. Il faisait des hémorrhagies internes. Il avait développé une "Septicémie" catastrophique. Une des causes en était probablement la "Chimio". Les traîtements que Mike avait subi dans le passé, avaient miné toutes ses défenses. La dernière "Chimio" que Mike avait "subie", avait été la "goutte" qui avait fait déborder le vase.

Afin que Mike ne souffre pas, on l'avait plongé dans un coma "artificiel". Il n'à plus repris connaissance. Je n'ai donc même pas pu lui faire mes "adieux" dans les règles ... J'aurai tant voulu lui parler, l'embrasser le tenir dans mes bras pour le bercer une dernière fois !!! 

Ma famille et moi sommes restés auprès de "mon Mike". Je lui ai tenu la main jusqu'à la fin. Je ne sais pas si Mike savait dans son inconscience que j'étais là, à ses côtés, jusqu'au bout. J'ose espèrer que, Oui !

Mon cher Amour, mon Mike à moi, s'est éteint a 23 h 55, sans avoir repris connaissance, sans avoir remis les pieds dans "notre" maison, où il avait été si heureux, où nous avions étés si heureux...  Cette maison, que mon Mike avait fermé à clef, pour la dernière fois, deux jours auparavant !

Je ne pense pas, du moins je l'espère, que Mike ait souffert.

Et je remercie notre Seigneur Dieu, que Mike n'est pas mort tout seul ! Que moi, que mon bel Amour avait tant aimé,  que moi, celui qui l'avait tant aimé durant notre vie en couple, j'étais là à la place qui me revenait, à ses côtés en lui tenant la main gauche, avec ma main gauche : 

Les mains du coeur !!!


Ma vie avec Mike, avait brusquement pris fin ! 

Sans crier "Gare" !

 Comme balayée  d'un gigantesque coup de balai...


Après 44 années de bonheur parfait, presque jour pour jour, je me retrouvais à nouveau, tout seul.  Le Cercle s'était fermé !